En Italie, le relâchement sanitaire du nouveau gouvernement inquiète la presse progressiste

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“La santé publique, ce n’est pas un problème idéologique et bureaucratique. Il faut avoir une approche sereine et scientifique.”

C’est avec ces mots, rapportés par le site d’information TG COM 24, que le ministre de la Santé, Orazio Schillaci, a justifié les premières mesures prises à son poste. Lundi 31 octobre, ce membre de l’exécutif de Giorgia Meloni a en effet dévoilé plusieurs changements de règles concernant la gestion de la pandémie de Covid-19, dont Il Post dévoile les contours.

“À travers un décret, le gouvernement prévoit la fin de l’obligation vaccinale pour le personnel des structures sanitaires”, explique le site d’information italien, qui précise que cette obligation aurait dû normalement prendre fin le 31 décembre. Or, en anticipant ce changement, l’exécutif va permettre la réintégration immédiate d’environ 4 mille travailleurs de la santé qui avaient été suspendus à cause de leur refus de se faire vacciner.

“Avec quels critères ils soigneront les patients ? ”

Pour l’expert de virologie, Roberto Burioni, qui s’exprime sur les colonnes du quotidien de gauche La Repubblica, “d’un point de vue scientifique, cette mesure a clairement un sens”, puisque, aujourd’hui, “nous sommes face à un virus beaucoup moins dangereux que par le passé, et nous avons des vaccins beaucoup moins efficaces pour empêcher l’infection”. Néanmoins, selon Burioni, un problème de taille subsiste dans cette mesure et il est plutôt d’ordre moral :

“Les membres du personnel de santé qui ont refusé le vaccin par le passé ont pris une décision totalement en contraste avec les données scientifiques dont on disposait. Et s’ils ont refusé de suivre la science, avec quels critères ils soigneront les patients une fois réintégrés ? ”

Plus largement, l’expert craint que “cette décision puisse involontairement contribuer à la narration qui décrit les vaccins comme inutiles, voire dangereux”, et dans ce sens, nombreux sont les journaux qui dénoncent un autre choix pris par le gouvernement de Giorgia Meloni : celui de suspendre les amendes aux personnes de plus de 50 ans qui ont refusé de se soumettre à la vaccination obligatoire.

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