Italie : le président dissout le parlement, provoquant des élections anticipées

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Le parlement italien lors de la prestation de serment du président de la République Sergio Mattarella, le 3 février 2022 à Rome - Filippo MONTEFORTE © 2019 AFP
Le parlement italien lors de la prestation de serment du président de la République Sergio Mattarella, le 3 février 2022 à Rome - Filippo MONTEFORTE © 2019 AFP

Le Premier ministre Mario Draghi a démissionné après la défection de trois partis importants de sa coalition lors d'un vote de confiance au Sénat. Des élections anticipées sont prévues en septembre.

À peine la page Draghi a-t-elle été tournée que l'Italie se retrouve déjà en campagne électorale avec la décision ce jeudi du président Sergio Mattarella de dissoudre le parlement, provoquant des élections anticipées qui se dérouleront le 25 septembre.

"La situation politique a conduit à cette décision", a déclaré Sergio Mattarella dans une brève allocution télévisée, faisant allusion à la démission du Premier ministre Mario Draghi après la défection ce jeudi de trois partis importants de sa coalition à l'occasion d'un vote de confiance au Sénat.

"La discussion, le vote et les modalités dans lesquelles ce vote a été exprimé hier au Sénat ont rendu évidentes la fin du soutien parlementaire au gouvernement et l'absence de perspectives pour donner naissance à une nouvelle majorité", a-t-il expliqué, tout en rendant hommage aux "efforts déployés pendant ces 18 mois" par Mario Draghi.

Ces élections législatives pour renouveler le Sénat et la Chambre des députés auront lieu le 25 septembre, selon des sources gouvernementales.

Un coalition de "centre droit" ultra favorite

L'archi-favori du scrutin à venir est la coalition dite "de centre droit", qui réunit Forza Italia, le parti de droite de Silvio Berlusconi, et l'extrême droite représentée par la Ligue du tribun populiste antimigrants Matteo Salvini et Fratelli d'Italia.

Fratelli d'Italia, un parti post-fasciste présidé par Giorgia Meloni, est donné en tête dans les intentions de vote, à près de 24%, devant le Parti démocrate (22%) et la Ligue (14%), selon un sondage de l'institut SWG réalisé le 18 juillet. Forza Italia recueillerait 7,4% des voix et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste) 11,2%.

Jusqu'à nouvel ordre, le gouvernement démissionnaire dirigé par Mario Draghi reste en place pour expédier les affaires courantes.

Une démission devenue inévitable

La démission de l'ex-chef de la Banque centrale européenne était devenue inévitable après que Forza Italia, la Ligue et le M5S eurent refusé de participer à un vote de confiance demandé mercredi par le chef du gouvernement au Sénat.

Mario Draghi s'était dit prêt à rester à son poste à la condition que les partis de sa coalition rentrent dans le rang autour d'un "pacte" de gouvernement, déjà mis en péril la semaine dernière par une première défection du M5S. Leur réponse a été cinglante.

Arrivé à la tête du gouvernement en février 2021 pour sortir l'Italie de la crise sanitaire et économique, Mario Draghi, 74 ans, avait présenté sa démission le 14 juillet au président Mattarella, qui l'avait aussitôt refusée.

Mario Draghi estimait que son gouvernement d'unité nationale, allant de la gauche à l'extrême droite, était caduc après la crise provoquée par la défection le même jour au cours d'un vote-clé, déjà au Sénat, du M5S, une formation confrontée à de fortes dissensions internes et à une hémorragie de parlementaires.

La perte d'un allié pour l'UE

Mais son appel a été ignoré par les poids lourds de sa coalition, déjà les yeux rivés sur la campagne électorale à venir. Finalement, seuls le centre et la gauche incarnée par le Parti démocrate (PD) sont restés jusqu'au bout à ses côtés, entre autres parce qu'ils redoutent plus que tout des élections anticipées où ils sont donnés battus par la droite dans toutes les enquêtes d'opinion.

L'UE et l'Otan perdent avec Mario Draghi un "pilier", un précieux allié dans leur soutien à l'Ukraine contre Moscou et ils craignent l'arrivée au pouvoir du russophile Matteo Salvini.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Après la démission de Mario Draghi, le président Mattarella dissout le Parlement

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