Italie: Mario Draghi accepte de former un gouvernement et appelle à «l'unité»

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À 73 ans, l’économiste et ex-président de la Banque centrale européenne, est considéré comme l’homme qui a sauvé la zone euro en 2012. Il vient d’être reçu par le chef de l'État Sergio Mattarella, arbitre suprême en cas de crise politique. Après avoir accepté de tenter de former un gouvernement pour sortir l’Italie de la crise, il a lancé un appel à « l'unité » pour affronter « un moment difficile ».

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

« Il s'agit d'un moment difficile. Vaincre la pandémie, continuer la campagne de vaccination et relancer le pays sont les défis qui nous attendent », a déclaré l'ex-chef de la Banque centrale européenne à l'issue de son entretien avec le président Sergio Mattarella. Il s'est dit « confiant que l'unité émergera des discussions avec les partis politiques et les groupes parlementaires ».

Comme le soulignent la plupart des médias, Mario Draghi, qui est réputé pour sa détermination et son sens profond des responsabilités, a la capacité de sortir le pays de l’impasse politique. Il y a urgence car la crise sanitaire, économique et sociale inquiète autant les citoyens que les partenaires européens de l’Italie.

Le Mouvement 5 étoiles divisé

Mais encore faut-il que les tous les grands partis acceptent le gouvernement que proposera le technocrate. Or le Mouvement 5 étoiles qui a la majorité relative au Parlement est divisé, entre les élus qui refusent un exécutif dirigé « par un apôtre des élites financières » et ceux qui seraient prêt à soutenir Mario Draghi. En outre, du côté de l’extrême droite, le chef de la Ligue, Matteo Salvini, et la dirigeante de Frères d’Italie, Giorgia Meloni, n’ont pas encore décidé s’ils renonceront à invoquer des élections législatives anticipées.

Ce sont autant de points d’interrogation qui ne permettent pas dire si la mission d’une des plus précieuses réserves de la République italienne sera possible ou impossible.

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