Italie: l'organisation d'un enterrement nazi dans une église de Rome choque le pays

·3 min de lecture
Capture d'écran d'une publication Facebook d'Emanuele Fiano, député italien.  - Capture d'écran Facebook
Capture d'écran d'une publication Facebook d'Emanuele Fiano, député italien. - Capture d'écran Facebook

Alors qu'un cercueil est disposé sur le parvis d'une église, les hommes qui se trouvent autour se mettent à crier: "Camarade Alessia Augello!". Ils accompagnent leur cri d'un salut romain, geste récupéré par les fascistes italiens puis les nazis au XXe siècle, avant qu'un drapeau rouge orné d'une croix gammée ne soit déployé sur le cercueil.

Cette scène n'est pas extraite d'un film de propagande fasciste, mais s'est déroulée le 10 janvier dernier. La défunte, Alessia Augello, âgée de 44 ans, était une militante du parti politique néofasciste italien Forza Nuova. Et son enterrement a eu lieu en plein cœur de Rome, dans l'église Santa Lucia, située à 10 minutes seulement de la place Saint-Pierre.

Le diocèse forcé de réagir

Depuis, la polémique enfle en Italie. La vidéo de la cérémonie, filmée par une riveraine puis dévoilée par le site d'information Open, a été massivement partagée sur les réseaux sociaux, et a entraîné de nombreuses réactions scandalisées de responsables politiques et de citoyens. Comment une telle cérémonie a-t-elle pu être organisée, en plein cœur d'une capitale européenne, qui plus est dans une église?

Forcé de réagir, le diocèse de Rome, dont le pape est l'évêque, a dénoncé dans un communiqué une "instrumentalisation idéologique grave, insultante et inacceptable", comme le rapporte la Rai, la télévision publique italienne.

Le diocèse évoque une cérémonie organisée "complètement à l'insu du curé Don Alessandro Zenobbi et de tout le clergé paroissial, à la fin de la célébration d'un enterrement". Avant de présenter la croix gammée nazie comme "un symbole hideux, incompatible avec le christianisme".

Un parti politique ouvertement néofasciste

Le député italien du Parti Démocrate (centre gauche) Emanuele Fiano a vivement réagi sur Facebook, déclarant: "Si vous pensez que nous serons indifférents, vous vous trompez (...). Des milliers et des milliers d'Italiens sont morts à cause de ce drapeau de merde, symbole de votre nostalgie pour les assassins nazis".

Forza Nuova, le parti politique dont Alessia Augello, la défunte dont l'enterrement est à l'origine de la controverse, était une militante, se présente comme ouvertement néofasciste. Le 9 octobre, lors de manifestations anti-pass sanitaire, des militants de Forza Nuova avaient été accusés de violences, notamment après l'attaque du siège d'un syndicat de gauche. En réponse, le week-end suivant, 200.000 Italiens avaient manifesté dans les rues de Rome demandant l'interdiction du parti.

La police antiterroriste présente lors de la cérémonie

Selon le quotidien La Repubblica, parmi les personnes présentes à l'enterrement lundi se trouvait Vincenzo Nardulli, l'un des chefs du groupe néofasciste. De même, des enquêteurs de la DIGOS, la police antiterroriste italienne, se trouvaient sur place, pour prévenir d'éventuels troubles à l'ordre public.

Le quotidien milanais Corriere della Sera rapporte qu'une enquête a déjà commencé, qui pourrait déboucher sur des inculpations. Et cite une source judiciaire, assurant que "la police d'Etat a pu identifier des personnes responsables de l'apposition d'un drapeau rappelant des symboles extrémistes, sur le cercueil d'une militante d'extrême droite bien connue à la sortie de l'église Santa Lucia, à la fin de ses funérailles".

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles