Italie: heurts et arrestations après une manifestation contre la généralisation du «green pass»

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Des membres d'un groupe d'extrême droite italien, Forza Nuova, dont deux responsables, ont été arrêtés ce dimanche 10 octobre 2021 après des heurts ayant suivi une manifestation samedi contre l'élargissement du passe sanitaire au monde du travail, à Rome.

Des milliers de manifestants se sont réunis samedi à Rome pour exprimer leur hostilité face à l'élargissement du passe sanitaire. Le dispositif, sur lequel les syndicats de travailleurs et les organisations patronales se sont mis d'accord, prévoit la suspension du contrat de travail si le salarié se retrouve incapable de produire une preuve de vaccination, de test négatif ou de rémission récente au Covid-19 sur son lieu de travail.

Il y a plus de trois semaines, le chef du gouvernement Mario Draghi avait annoncé son extension à partir du 15 octobre à tous les lieux de travail. Il était déjà obligatoire pour l'ensemble du personnel médical et enseignant.

Samedi, des manifestants ont tenté de rompre un cordon de police devant les bureaux du président du Conseil, tandis qu'un groupe a saccagé les bureaux de la Confédération générale italienne du travail (CGIL). Des affrontements se sont poursuivis jusque tard, rapporte l'Agence France-Presse. Des protestataires ont essayé d'entrer dans les locaux de l'hôpital Umberto I, où l'un des leurs avait été admis.

Ce dimanche, plusieurs membres d'un groupe issu de la mouvance néofasciste, Forza Nuova, né en 1997 et adepte des coups de force, dont des responsables, ont été arrêtés après la dévastation du siège de la principale confédération syndicale d'Italie.

Douze personnes ont été interpellées, dont Roberto Fiore, secrétaire national de Forza Nuova et Giuliano Castellino, responsable de ce mouvement dans la capitale. M. Castellino avait exhorté ses partisans à « prendre Rome », rappelle notre correspondant à Rome, Éric Sénanque.

Autre figure arrêtée : Luigi Aronica, dit « la Panthère » et fondateur des NAR, les « noyaux armés révolutionnaires », ancien groupe armé néofasciste actif au début des années 1980.

De nombreuses voix venant du centre et de la gauche se sont élevées pour réclamer la dissolution de Forza Nuova, qui pourrait faire l'objet très vite d'une motion urgente au Parlement pour interpeller le gouvernement. Le dirigeant de la CGIL Maurizio Landini, s'exprimant devant le siège saccagé de son organisation, a lui-même réclamé la dissolution. Il annonce une manifestation anti-fasciste pour le 16 octobre prochain. « Ils ne nous font pas peur », a lancé M. Landini.

L’Italie s’interroge de nouveau sur la capacité de nuisance de ces groupes. Si tous les leaders de la classe politique ont condamné ces violences, le ton a vite divergé selon les partis. C'est le Parti démocrate d'Enrico Lettaes, qui va déposer une motion à la Chambre pour demander la dissolution de Forza Nuova. Mais à l’inverse, Giorgia Meloni, leader de Fratelli d’Italia, a dit ne pas connaître la matrice de ces violences.

La tension pourrait encore monter dans la péninsule d’ici au 15 octobre, date d’entrée en vigueur de l’obligation du passe sanitaire sur tous les lieux de travail en Italie. La manifestation antifasciste, pour sa part, aura lieu le lendemain.

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