Italie : à l'origine du drame de Gênes, un pont conçu sur des erreurs de calcul

Le pont Morandi était fragile, ce que savaient les pouvoirs publics.

« Le pont Morandi est une erreur d’ingénierie ! ». Il y a deux ans, Antonio Brencich, professeur d’ingénierie à l’université de Gênes alertait déjà les pouvoirs publics sur le viaduc de Morandi (Italie), qui s'est écroulé ce mardi 14 août, ce qui a causé la mort d'au moins 35 personnes. Trop rigide, trop coûteux en entretien et surtout, construit sur la base d’une série d’erreurs de calcul, l'édifice cumulait les vices. « Tôt ou tard, il faudra reconstruire le pont Morandi car le coût de la manutention est supérieur à celui d’une reconstruction totale », estimait encore Antonio Brencich. Selon cet universitaire, les coûts de manutention représentaient déjà 80% du montant global de sa construction à la fin des années 90. Quelques heures après la catastrophe, les propos d’Antonio Brencich ont la saveur âcre d’une épouvantable prédiction, notamment en ce qui concerne les erreurs de calcul probablement à l’origine de l’effondrement du pont.

Effroyable mais vrai, l’ingénieur Riccardo Morandi s’était déjà trompé en projetant une structure identique dans la baie de Maracaibo au Vénézuela, en 1959. Deux ans après son inauguration, le pont s'était effondré, le pétrolier Exxon s’étant coincé dans la travée la plus basse. Bilan : cinq morts. Malgré cet échec dramatique, Riccardo Morandi est chargé par le gouvernement italien de construire un pont à Gênes, ville natale de Christophe Colomb. Le viaduc dit Morandi est inauguré en 1967. Un autre édifice construit sur le même modèle en Libye, terminé en 1971, est toujours ouvert à la circulation.

Le pont de Gênes a dû être consolidé dans les années 90 en raison de défaillances structurelles. « Des câbles en acier ont été posés pour renforcer la structure afin d’éviter un effondrement partiel », remarque aujourd’hui Antonio Brenchich. Depuis quelques mois, des travaux de consolidation étaient en cours. Un pont roulant pour le levage des matériaux avait été installé et des câbles d’acier posés. « Les travaux et l’état du viaduc étaient sous observation, les risques d’effondrement avaient été écartés

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