Istanbul: ce que l'on sait sur l'attentat qui a fait au moins 6 morts

Istanbul: ce que l'on sait sur l'attentat qui a fait au moins 6 morts
Une équipe de la police scientifique sur les lieux de l'attentat qui a touché la rue commerçante très fréquentée d'Istiklal à Istanbul, le 13 novembre 2022.  - Yasin AKGUL / AFP
Une équipe de la police scientifique sur les lieux de l'attentat qui a touché la rue commerçante très fréquentée d'Istiklal à Istanbul, le 13 novembre 2022. - Yasin AKGUL / AFP

Une forte explosion a retenti à Istanbul, principale ville et capitale économique de la Turquie, ce dimanche. Au moins six personnes ont perdu la vie et 81 ont été blessées. Le président Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un "vil attentat".

Si l'attaque n'a pas été revendiquée, le régime turc a accusé les Kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considérés comme une organisation terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, dont les États-Unis et l'Union européenne. Des accusations rejetées par le mouvement armé ce lundi.

• Une attaque dans une rue très fréquentée

Ce dimanche, en pleine après-midi, au moment où la foule était particulièrement dense dans cette rue prisée des Stambouliotes et des touristes, une explosion a retenti dans l'artère commerçante d'Istiklal. De forte puissance et accompagnée de hautes flammes, elle a été entendue de loin et a déclenché un mouvement de panique.

Parmi les six personnes décédées, toutes des citoyens turcs, figurent une fille de 9 ans et une autre de 15 ans. En fin de soirée, le ministre de la Santé Fahrettin Koca a annoncé que "42 blessés (étaient) toujours hospitalisés, dont cinq en soins intensifs, deux dans un état critique".

Fermé immédiatement après l'attentat, l'accès à la rue est de nouveau autorisé ce lundi matin, ont rapporté les médias turcs. L'avenue Istiklal, qui signifie "l'Indépendance", dans le quartier historique de Beyoğlu, est l'une des plus célèbres artères de la ville, entièrement piétonne sur 1,4km.

Sillonnée par un vieux tramway, bordée de commerces et de restaurants, elle mène à la place Taksim et est empruntée toute l'année par des millions de locaux et de touristes. Elle avait déjà été frappée en mars 2016 par une attaque suicide qui avait fait cinq morts.

Tous les bancs ont été retirés et un tapis rouge couvre l'emplacement où s'est produite l'explosion, sur lequel les passants viennent déposer des œillets, rouges eux aussi.

• Accusé, le PKK assure "ne pas viser les civils"

L'attentat n'a pas été revendiqué. Toutefois, le gouvernement turc a accusé, quelques heures après l'explosion, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). "D’après nos conclusions, l’organisation terroriste PKK est responsable", a affirmé le ministre de l'Intérieur, Süleyman Soylu.

"Nous estimons que l'ordre de l'attentat a été donné de Kobané", a-t-il ajouté.

Une ville restée célèbre pour la bataille qui, en 2015, a permis aux forces kurdes de repousser le groupe État islamique, Kobané est contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dont les Unités de protection du peuple (YPG), alliées au PKK, sont une composante majeure.

Pour Ankara, tous ces mouvements sont "terroristes". Le PKK est en lutte armée contre le gouvernement turc depuis le milieu des années 1980. Il est régulièrement visé par des opérations militaires turques contre ses bases dans le nord de l'Irak et de la Syrie.

"Il est bien connu que nous n'avons aucun lien avec cet événement, que nous ne visons pas les civils et rejetons les opérations qui le font", a répondu le Centre de défense du peuple, organisme du PKK, ce lundi. "Nous sommes un mouvement qui mène une lutte de libération juste et légitime".

• La principale suspecte arrêtée

"La personne qui a déposé la bombe a été arrêtée", a annoncé ce dimanche soir Süleyman Soylu. Selon la police turque ce lundi, la poseuse de bombe serait de nationalité syrienne et aurait reconnu avoir agi sur ordre du PKK.

Le ministre de l'Intérieur n'a lui pas précisé les conditions dans lesquelles la "personne" suspectée a été arrêtée, ni s'il s'agit d'une "femme" comme l'avaient affirmé le président Recep Tayyip Erdogan et d'autres membres du gouvernement.

Le ministre de la Justice, Bekir Bozdag, avait plus tôt évoqué un "sac" déposé sur un banc: "Une femme s'est assise sur un banc pendant 40 à 45 minutes et, une ou deux minutes après, il y a eu une explosion. Toutes les données sur cette femme sont actuellement en cours d'examen", a-t-il poursuivi.

"Soit ce sac contenait un minuteur, soit quelqu'un l'a activé à distance", a-t-il ajouté.

Le ministre a ensuite annoncé l'arrestation de 21 autres suspects sans préciser où les interpellations avaient eu lieu.

Le Haut conseil audiovisuel turc (RTUK) a rapidement interdit aux médias audiovisuels de diffuser des images de la scène pour "empêcher de semer la peur" et de "servir les objectifs d'organisations terroristes". L'accès aux réseaux sociaux a également été restreint en Turquie après l'attentat, selon l'observateur des restrictions en ligne Netblocks.

Article original publié sur BFMTV.com