Israël : Encore des obstacles à franchir avant de mettre sur pied une coalition, selon Lapid

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ISRAËL : ENCORE DES OBSTACLES À FRANCHIR AVANT DE METTRE SUR PIED UNE COALITION, SELON LAPID

par Dan Williams

JÉRUSALEM (Reuters) - Il reste encore beaucoup d'obstacles pour former un nouveau gouvernement de coalition en Israël, a averti lundi le chef de l'opposition centriste, Yair Lapid, qui s'est associé à l'ultranationaliste Naftali Bennett pour tenter d'évincer Benjamin Netanyahu, au pouvoir sans discontinuer depuis 2009.

Yair Lapid a obtenu dimanche le soutien de Bennett pour mettre en place un "gouvernement de changement" composé de rivaux idéologiquement disparates.

L'accord, qui prévoit que Naftali Bennett occupe d'abord le poste de Premier ministre avant de céder plus tard la place à Yair Lapid en vertu d'un système de rotation, doit être finalisé avant mercredi minuit (22H00 GMT).

Dans une allocution télévisée lundi, Yair Lapid a certes décrit Naftali Bennett comme son "ami" et "le Premier ministre désigné", mais il a également mis en garde : "Il y a encore beaucoup d'obstacles sur la voie de la formation d'un nouveau gouvernement de coalition."

Naftali Bennett, ancien ministre de la Défense, et Yair Lapid, ancien ministre des Finances, veulent tous deux investir dans l'éducation et la santé, et éviter le marasme économique persistant dû à la pandémie de COVID-19.

Cependant, leurs positions sont très éloignées concernant le conflit israélo-palestinien.

Naftali Bennett est favorable à l'annexion par Israël de certaines parties de la Cisjordanie occupée, tandis que ses futurs alliés de gauche pourraient plaider en faveur de la cession de territoires aux Palestiniens.

Cette épineuse question devrait être éludée par les deux leaders politiques lors de leurs pourparlers, indique une source informée des discussions.

Selon cette dernière, des "progrès significatifs" ont été effectués pour obtenir un accord final entre les deux hommes, malgré leurs différences politiques.

UN GOUVERNEMENT "ALTERNATIF"

Au lendemain de l'annonce de Naftali Bennett, les observateurs politiques étaient divisés.

"Une possibilité réelle a été créée (...) Un gouvernement alternatif dans tous les sens du terme", écrit Sima Kadmon dans le journal israélien le plus vendu, Yedioth Ahronoth.

Mais, ajoute-t-elle, "ce n'est pas encore fini. De longs jours s'annoncent au cours desquels Netanyahu fera absolument tout pour renverser la vapeur."

"Il est encore trop tôt pour déclarer que (l') 'ère Bibi' de la politique israélienne est terminée. Mais si un changement est finalement obtenu, Netanyahu aura été renversé par ses collègues de droite, qui en avaient assez de son leadership", estime quant à lui Aluf Benn, rédacteur en chef du journal de gauche Haaretz.

Le journal pro-Netanyahu Israel Hayom dénonce de son côté le rapprochement de Naftali Bennett et Gideon Saar, ancien protégé du Premier ministre sortant, avec "la gauche".

Lundi, c'est un Benjamin Netanyahu à l'air sévère qui s'est présenté à la télévision pour dénoncer la création d'un "dangereux gouvernement de gauche".

La veille, le Premier ministre israélien sortant, qui est poursuivi au pénal sur divers dossiers, avait tenu des propos similaires, parlant de "fraude du siècle" et pointant du doigt le danger pour la sécurité et l'avenir d'Israël en cas de victoire de ses opposants.

"Que vont-ils faire pour la dissuasion d'Israël ? Comment allons-nous regarder nos ennemis dans les yeux ?", avait-t-il dit. "Que feront-ils en Iran et à Gaza ? Que diront-ils dans les couloirs du gouvernement à Washington ?"

De leur côté, les opposants de Benjamin Netanyahu mettent en avant leur volonté d'en finir avec la période d'agitation politique, marquée par quatre élections en deux ans qui se sont terminées sans vainqueur clair.

(Avec Steve Scheer, version française Hayat Gazzane, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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