Israël: la police va enquêter sur les incidents lors des obsèques de Shireen Abu Akleh à Jérusalem

La police israélienne annonce ce samedi 15 mai qu'elle va ouvrir une enquête après le tollé international suscité par des images montrant l'intervention des policiers lors des funérailles à Jérusalem de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh, dont le cercueil a failli tomber à terre.

« Le commissaire de la police israélienne, en coordination avec le ministre de la Sécurité publique, a ordonné une enquête sur l'incident. Les conclusions de l'enquête seront présentées au commissaire dans les prochains jours », indique la police dans un communiqué publié pendant le jour de repos hebdomadaire juif du shabbat.

À la sortie du cercueil de l'hôpital Saint-Joseph à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville également occupé par Israël, la police a fait irruption dans l'enceinte de l'établissement et tenté de disperser une foule brandissant des drapeaux palestiniens. Le cercueil a failli tomber des mains des porteurs frappés par des policiers armés de matraques, mais a été rattrapé in extremis, selon des images retransmises par des télévisions locales. Des images qui ont fait le tour des réseaux sociaux et télévisions du monde entier.

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D'après un communiqué de la police, des « émeutiers ont empêché les membres de la famille de charger le cercueil dans un corbillard pour se rendre au cimetière, comme convenu avec la famille (...) La foule a refusé de remettre le cercueil dans le corbillard et la police est intervenue pour l'empêcher de le prendre. Durant l'émeute déclenchée par la foule, des bouteilles en verre et d'autres objets ont été jetés ».

Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de 33 blessés et la police israélienne de six arrestations.

Réactions de colère ou d'incompréhension se succèdent

Depuis, les réactions se multiplient. Exemple en Afrique du Sud : dans un communiqué ce samedi, la fondation Desmond Tutu dénonce cette charge de la police qui « rappelle douloureusement les sombres heures de l'apartheid en Afrique du Sud ».

« Nous avons été profondément troublés par les images de l'intrusion de la police israélienne au sein du cortège funéraire », a dit pour sa part le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.

L'Union européenne a condamné « l'usage disproportionné de la force et le comportement irrespectueux de la police israélienne à l'encontre des participants au cortège funèbre ».

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit « profondément troublé » et dans la nuit le Conseil de sécurité de l'ONU a « fermement condamné le meurtre le 11 mai de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh et la blessure d'un autre journaliste dans la ville cisjordanienne de Jénine », dans une déclaration unanime adoptée vendredi, selon des diplomates. Initiée par les États-Unis, cette très rare position unanime du Conseil de sécurité sur un sujet concernant Israël réclame aussi « une enquête immédiate, approfondie, transparente et impartiale » sur ce meurtre. Elle souligne « la nécessité de garantir une mise en responsabilité » de son ou ses auteurs.

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(avec agences)

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