Israël et Palestiniens durcissent les restrictions alors que le coronavirus réapparaît

ISRAËL ET PALESTINIENS DURCISSENT LES RESTRICTIONS ALORS QUE LE CORONAVIRUS RÉAPPARAÎT

JERUSALEM (Reuters) - Les autorités israéliennes et palestiniennes ont rétabli certaines restrictions liées au coronavirus, alors qu’une augmentation spectaculaire du nombre de nouveau cas fait craindre une "deuxième vague" d'infections.

Un confinement partiel est entré en vigueur mercredi dans une ville du centre d'Israël ainsi que dans plusieurs quartiers de la ville de Tibériade, où les taux d'infection étaient particulièrement élevés. L'Autorité palestinienne a également placé la ville d'Hébron, en Cisjordanie, sous confinement.

Israël a été l'un des premiers pays à fermer ses frontières et à imposer des restrictions lorsque la pandémie mondiale est apparue, avant d'être rapidement imité par les Palestiniens.

Si la politique de restrictions a eu un impact économique important, elle a néanmoins fonctionné. Le pic initial de centaines de cas quotidiens a drastiquement chuté. Israël a fait état de 308 décès, soit beaucoup moins que beaucoup de pays développés, alors que trois personnes sont mortes du virus dans les territoires palestiniens.

Les restrictions ont depuis été progressivement assouplies afin de relancer les entreprises, entraînant ainsi une lente augmentation du nombre d'infections. Mardi, Israël a enregistré 428 nouveaux cas et les Palestiniens en ont déclaré 179, soit le nombre le plus élevé à ce jour.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu'il s'attendait à ce que davantage de communautés soient confinées et a prié les Israéliens de suivre les directives de distanciation sociale. Lundi, il a donné à la police le pouvoir de distribuer des amendes de 500 shekels (130 euros environ) aux personnes ne portant pas de masque en public.

Malgré la recrudescence du nombre de cas, il est peu probable qu'Israël réintroduise une politique de confinement total, au cours de laquelle le chômage a grimpé en flèche. Il est en effet estimé que le plan de relance de 100 milliards de shekels (26 milliards d'euros) porte déjà le déficit budgétaire du pays à 11% du Produit intérieur brut (PIB) en 2020.

"Les réserves économiques sont faibles et les responsables politiques disposent d'un arsenal limité. Dans l'état actuel des choses, il est très difficile de réimposer une fermeture", souligne dans une étude la banque Hapoalim, la plus importante du pays.


(Ari Rabinovitch, Rami Ayyub, Tova Cohen, Nidalal-Mughrabi; version française Charles Regnier, édité par Jean-Michel Bélot)