Israël observe un jour de deuil national après la tragédie du mont Meron

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Israël observe, dimanche, une journée de deuil national, après la mort de 45 personnes lors d'une bousculade au cours d'un pèlerinage réunissant des dizaines de milliers de juifs orthodoxes au mont Méron. L'identification des victimes est terminée et les funérailles ont repris après le shabbat.

Les drapeaux sont en berne en Israël, dimanche 2 mai, pour une journée de deuil national à la suite de la mort de 45 personnes, dont des enfants, dans une cohue géante lors d'un pèlerinage réunissant des dizaines de milliers de juifs orthodoxes.

"Désastre", "tragédie", "échec gouvernemental" : les unes de la presse étaient toutes barrées de noir, dimanche, pour les premiers journaux publiés en Israël depuis la bousculade survenue tôt vendredi matin au mont Méron, dans le nord du pays, la presse ne publiant pas le samedi, jour de shabbat (repos).

Des premières funérailles avaient eu lieu dès vendredi après-midi après ce que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a qualifié "d'une des plus grandes catastrophes" de l'histoire de l'État hébreu depuis sa création en 1948.

Après une pause pour le shabbat, les enterrements ont repris samedi soir. Et les autorités ont annoncé, dimanche, avoir fini l'identification des morts, incluant notamment six Américains, deux Canadiens et au moins deux Franco-Israéliens âgés respectivement de 12 et 18 ans, ont indiqué à l'AFP des sources policières et diplomatiques.

À qui la faute ?

"Autour de minuit, l'identification de l'ensemble des 45 victimes (...) a été terminée. Quarante-quatre dépouilles ont été remises (aux familles) pour les enterrements et une dernière le sera au cours de la journée", a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué.

"Un désastre d'une telle magnitude exige un travail d'analyse complexe (...) Nous comprenons les demandes des familles pour des analyses rapides, et nous avons agi en ce sens sans toutefois compromettre le professionnalisme", a déclaré le Dr Chen Kugel, directeur de l'Institut national de médecine légale d'Abou Kabir à Tel Aviv.

Les drapeaux bleus et blancs sertis de l'étoile de David étaient en berne, dimanche, devant les édifices gouvernementaux à l'occasion d'un deuil national, tandis que les funérailles se multipliaient, principalement à Bnei Brak, près de Tel Aviv, et Jérusalem, et que les familles traversaient la Shiv'ah, période de deuil de sept jours.

Samedi soir, des citoyens de Tel Aviv, métropole sur la côte méditerranéenne, avaient organisé une première cérémonie en allumant des chandelles en hommage aux victimes.

"Cela me touche personnellement car je viens d'un foyer ultra-orthodoxe. Jusqu'à il y a huit ans, j'allais moi aussi en pèlerinage à Méron. Mes parents étaient présents à Méron cette année et sont partis une heure" avant la tragédie, a confié sur place à l'AFP Rachel, 28 ans.

"Pendant 20 ans, j'ai aussi fait le pèlerinage à Méron. Une fois, j'ai également fait l'expérience d'une bousculade (...) C'était le moment le plus effrayant de ma vie, et je n'y suis plus retournée depuis", a ajouté Yael, une autre jeune femme aussi présente à la cérémonie.

À travers le deuil, des questions ne cessaient de tarauder les Israéliens : que s'est-il vraiment passé au mont Méron ? À qui la faute ? Le drame aurait-il pu être évité ?

Selon les premières indications, des dizaines de milliers de juifs orthodoxes étaient réunis dans la nuit de jeudi à vendredi au mont Méron pour la reprise d'un pèlerinage annuel, après un an de pause en raison de la pandémie, dans le cadre de la fête juive de Lag Baomer.

Une ministre sur la sellette

Vers 00 h 50, en marge d'un "feu de joie", une masse humaine a quitté les lieux mais la sortie exigeait à un moment de passer dans un couloir étroit, ce qui a causé un goulot d'étranglement, ont confié des témoins à l'AFP.

Des fidèles, en majorité de jeunes hommes et des adolescents, ont été écrasés dans la foule en panique. Le chef de la police pour le nord d'Israël, Shimon Lavi, a pris la "responsabilité" de cette tragédie.

Mais cette déclaration n'a pas clos le débat sur les responsables de cette tragédie, d'autant que plusieurs répétaient depuis des années que la sécurité à ce rassemblement était souvent aléatoire.

Le ministre de la Sécurité publique, Amir Ohana, a dit ce weekend en assumer la "responsabilité" sans accepter le "blâme".

Et la ministre des Transports, Miri Regev, une proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, était sur la sellette pour avoir, selon la presse locale, affrété des autocars afin de permettre à des ultra-orthodoxes de se rendre à ce pèlerinage.

Mais le plus grand rassemblement depuis le début de la pandémie en Israël, pays en majorité vacciné et presque entièrement déconfiné, a tourné au drame.

Le grand rabbin ashkénaze d'Israël, David Lau, a suggéré dimanche que les célébrations au mont Meron "s'étirent à l'avenir sur une semaine" afin d'éviter de trop grands rassemblements.

Avec AFP