Israël: de nouvelles élections en mars pour mettre fin au duel Netanyahu-Gantz

L'échec était annoncé depuis plusieurs jours déjà, il est devenu officiel ce mercredi dans la nuit. Les députés israéliens n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le nom d'un Premier ministre. Ni Benyamin Netanyahu, au pouvoir depuis plus de dix ans, ni Benny Gantz, son principal adversaire, n'ont réussi à obtenir le soutien d'une majorité d'élus. Le Parlement a été dissout et de nouvelles élections ont été convoquées pour le 2 mars 2020.

Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Ce scrutin sera le troisième en moins d'un an. Israël est plongé dans une crise politique et rien ne dit que ces prochaines élections vont être la solution pour s’en sortir. Après les élections du mois de mars déjà, Benyamin Netanyahu n'avait pas réussi à constituer de majorité parlementaire et avait provoqué la dissolution du Parlement. Cette fois-ci, le Premier ministre sortant a, à nouveau, échoué. Mais son principal adversaire, Benny Gantz a également eu sa chance : sans plus de succès.

Dans une vidéo publiée mercredi soir, Benyamin Netanyahu a promis à ses partisans de remporter « largement » les prochaines élections. Le chef du gouvernement sortant qui se bat pour sa survie politique devrait mener une campagne de terrain, contrastant avec les deux dernières où il était plus présent sur les réseaux sociaux qu'aux côtés des électeurs.

Benny Gantz a pris du poids…

Mais Benyamin Netanyahu se retrouve aussi face à un adversaire plus expérimenté. Novice en politique il y a un an, Benny Gantz a réussi à maintenir l'unité de sa formation et à s'imposer dans le paysage. Les sondages récents lui donnent un léger avantage, mais ils ne montrent pas de grande évolution dans l'équilibre entre les deux camps. Et alors que cette troisième campagne commence tout juste, la perspective d'une quatrième est déjà évoquée.

Cela fait près de neuf mois qu'Israël se cherche un gouvernement et les partis se rejettent la responsabilité de ce nouvel échec. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux dans la soirée, avant l'expiration du délai donné à la Knesset, Benyamin Netanyahu accusait la principale coalition du Parlement sortant, Bleu-Blanc, d’avoir « créé un tourbillon de manœuvres politiques ». « Ils veulent cacher le fait qu’ils ont fait tout leur possible pour empêcher l’établissement d’un large gouvernement d’union nationale » a-t-il déclaré.

Netanyahu responsable de la crise

« Gardez quelques mensonges pour la campagne », a rapidement répondu Bleu-Blanc à Benyamin Netanyahu. La formation de Benny Gantz accuse le chef du gouvernement de vouloir obtenir une immunité, alors qu’il a été mis en examen pour corruption, fraude et abus de confiance, et de privilégier son intérêt personnel plutôt que celui du pays.

Le « faiseur de roi » Avigdor Liberman, qui, avec huit députés, aurait pu apporter une majorité à l’un ou l’autre des candidats au poste de Premier ministre, renvoie les deux formations dos-à-dos. Ni le Likoud, ni Bleu-Blanc ne voulaient d’un gouvernement d’union nationale, assure l’ancien ministre de la Défense. Mais selon un sondage diffusé par une chaîne de télévision mardi soir, pour les électeurs, le premier responsable de cette crise est Benyamin Netanyahu.