Israël: l'opposition demande l'étude rapide de la demande d'immunité de Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu arrive au Conseil des ministres à Jérusalem, le 5 janvier 2020

Jérusalem (AFP) - L'opposition israélienne a pressé dimanche le Parlement d'étudier rapidement une demande d'immunité de Benjamin Netanyahu, ce qui pourrait accélérer les procédures judiciaires contre le Premier ministre, inculpé pour corruption dans trois affaires.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en lice pour les législatives du 2 mars, a demandé la semaine dernière à la Knesset (le Parlement) de lui accorder une immunité, mais la formation d'un nouveau comité parlementaire pour évaluer cette demande ne devait avoir lieu qu'après les élections.

Dimanche le parti "Bleu-blanc" de son rival Benny Gantz a annoncé avoir recueilli l'appui d'une majorité de députés (65 sur 120) pour demander à un comité parlementaire d'étudier sur le champ la demande de M. Netanyahu.

Si ce comité ne recommande pas l'immunité, la demande sera alors rejetée. Mais s'il ne s'y oppose pas, alors les députés pourront être réunis pour se prononcer sur la demande.

Le problème pour M. Netanyahu réside dans le fait qu'avec ses alliés il ne dispose pas de la majorité des sièges en comité parlementaire ni à la Knesset.

L'éventuel rejet de sa demande d'immunité devrait accélérer les procédures en cours contre M. Netanyahu pour "corruption", "malversation" et "abus de confiance" dans trois affaires différentes avec le risque d'un procès au plus fort d'une campagne électorale.

Le porte-parole de la Knesset a confirmé dimanche à l'AFP que les comités et les parlementaires pouvaient "discuter et statuer sur la demande d'immunité".

La décision de former ou non un comité parlementaire appartient désormais au président de la Knesset, Yuli Edelstein, lui-même membre du Likoud (droite), parti de M. Netanyahu.

M. Edelstein a sollicité dimanche l'avis du conseiller juridique du Parlement pour savoir non pas si un comité pouvait délibérer, mais s'il avait "l'autorité" pour former ce comité, étape préalable aux discussions, a indiqué son porte-parole.

"Après avoir reçu cet avis, M. Edelstein annoncera sa décision" de former ou non le comité, a précisé son porte-parole.

Mais le parti Bleu-Blanc de l'ex-chef de l'armée Benny Gantz a exhorté le président de la Chambre à mettre ses allégeances politiques de côté et à donner son aval à une demande soutenue par une majorité de députés.

"M. Edelstein, vous avez été élu président de la Knesset, pas chef de cabinet de M. Netanyahu et vous devez agir en conséquence" en "convoquant un comité parlementaire pour discuter la demande d'immunité", a fait valoir la formation.