Israël: sans Gantz, Netanyahu a perdu son «bouclier»

Benny Gantz démissionne du cabinet de guerre israélien. Ancien chef d’état-major, principal rival politique de Benyamin Netanyahu, Benny Gantz avait rejoint le gouvernement au lendemain des attaques du Hamas le 7 octobre 2023. Estimant que Benyamin Netanyahu « empêche d’avancer vers une réelle victoire », il fait le choix de rejoindre l’opposition, ce qui ne menace pas la majorité de droite et extrême-droite qui dirige actuellement l’État hébreu. Gadi Eizenkot, autre ancien chef d’état-major et député du même parti politique que Benny Gantz a, lui aussi, choisi de quitter le cabinet de guerre. Analyse du politologue israélien Ilan Greilsammer.

RFI : Benny Gantz avait adressé un ultimatum à Benyamin Netanyahu, lui demandant « un plan d’action » pour la guerre à Gaza. Il a finalement démissionné, cela rebat-il les cartes ?

Ilan Greilsammer : Cela fragilise certainement Netanyahu qui n’a plus cette sorte de « bouclier » que représentaient Benny Gantz et son parti de centre-droit [Parti de l’unité nationale], très bien vus aux États-Unis en particulier. Netanyahu perd ce soutien, mais il a toujours les 64 députés de sa coalition (sur un total de 120 au Parlement). La vraie question est là : est-ce que certains de ces 64 députés de la majorité vont maintenant envisager de quitter le navire Netanyahu, qui prend l’eau de toutes parts ?

Est-ce que le départ de Benny Gantz (et de Gadi Eizenkot) renforce les alliés d’extrême-droite de Benyamin Netanyahu ? On le décrit souvent comme étant sous-pression des formations de ces factions suprémacistes.

Est-ce la seule menace qui plane sur le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël ?


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