Israël: la fête de Pourim dégénère à Jérusalem sur fond de Covid

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De violents affrontements ont opposé, dimanche 28 février à Jérusalem, juifs ultra-orthodoxes et policiers israéliens pendant la fête religieuse de Pourim, ravivant les tensions autour du respect des mesures sanitaires pour lutter contre le coronavirus.

Des dizaines de juifs ultra-orthodoxes ont lancé des pierres et des objets vers des agents des forces de l'ordre venus retirer des poupées de policiers, suspendues à des fils électriques, dans le quartier de Mea Shearim, à Jérusalem. « Nazis », leur ont-ils crié, parmi d'autres insultes. Sur une des poupées était inscrit le nom du préfet de police, Yaakov Shabtai, ont indiqué les forces de l'ordre qui ont dit avoir arrêté un suspect.

Un peu plus tard dans la soirée, un minibus coincé dans un embouteillage et pris à partie par des passants a foncé sur la foule, renversant un homme qui a succombé à ses blessures. Plusieurs Palestiniens qui se trouvaient sur place ont été pris à partie. Le chef du gouvernement, Benyamin Netanyahu, et d’autres ministres réunis pour une conférence de presse dans ce quartier ont dû être exfiltrés sous la protection des services de sécurité, relate notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.

La fête de Pourim marque, selon la tradition juive, la victoire des juifs contre un vizir de l'Empire perse, Haman, au Ve siècle avant J-C. Elle est traditionnellement l'occasion de défilés carnavalesques, de soirées costumées et de grands rassemblements populaires qui, mêlés à l'alcool, finissent souvent par dégénérer.

Couvre-feu

Craignant une hausse des contaminations, Israël, qui a entamé la sortie progressive de son troisième confinement, a instauré un couvre-feu nocturne pendant la fête, de jeudi à dimanche. Et, dimanche, la police a tenté d'empêcher les Israéliens de se rendre à Jérusalem pour faire la fête, en contrôlant les accès à la ville.

L'année dernière, les autorités avaient interdit les rassemblements lors de cette fête alors que la pandémie en était à ses débuts. Mais les restrictions n'avaient pas été suivies, provoquant une vague de contaminations dans les jours suivants.

Les heurts de ce dimanche s'inscrivent dans un contexte d'affrontements réguliers depuis plusieurs semaines entre la police et des juifs ultra-orthodoxes opposés aux mesures de confinement.

Ils interviennent également à l'heure où Israël mène une intense campagne de vaccination qui a permis de fournir une première dose de vaccin à plus de 4,65 millions d'habitants, soit plus de la moitié de sa population.

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(Et avec AFP)