En Israël, la Cour suprême invalide la nomination d’un ministre ultraorthodoxe

PHOTO RONEN ZVULUN/AFP

En Israël, le bras de fer entre le gouvernement de Benyamin Nétanyahou et le pouvoir judiciaire s’intensifie. Mercredi 18 janvier, la Cour suprême israélienne a invalidé, par 10 voix contre une, la nomination d’Aryeh Deri au poste de ministre de l’Intérieur et de la Santé, en raison de sa condamnation, l’année dernière, pour fraude fiscale.

Une “décision explosive”, selon le quotidien israélien de centre gauche Ha’Aretz, “qui pourrait compromettre les chances de survie de la coalition”.

“Avoir Deri à la tête de deux des ministères les plus importants du gouvernement nuit à l’image et à la réputation du système judiciaire du pays et contredit les principes de conduite éthique et de légalité”, a déclaré Esther Hayut, la présidente de la plus haute juridiction de l’État hébreu, dans sa décision.

À la fin de décembre, la majorité parlementaire avait voté une loi, dite “Deri” – plus précisément un amendement à la Loi fondamentale qui fait office de Constitution –, permettant à une personne reconnue coupable d’un crime, mais pas condamnée à de la prison ferme, à occuper un poste de ministre.

Une “injustice flagrante”

Une loi sur mesure pour le leader du parti ultraorthodoxe Shas, une des formations de la coalition gouvernementale dont fait également partie le Likoud de Benyamin Nétanyahou, lui-même jugé pour corruption dans une série d’affaires, et d’autres formations d’extrême droite.

En réaction à la réaction de la Cour suprême, le parti de Deri a affirmé que par sa décision cette dernière avait annulé “la voix et le vote de 400 000 électeurs du Shas”.

De son côté, le ministre de la Justice, Yariv Levin, a déclaré qu’il ferait “tout ce qui est nécessaire que pour l’injustice flagrante faite à Aryeh Deri, au Shas et à la démocratie israélienne soit entièrement réparée”.

Yariv Levin porte un projet très controversé de réforme du système judiciaire israélien accroissant le pouvoir des élus sur celui des magistrats, dont une introduisant une clause qui permettrait au Parlement d’annuler une décision de la Cour suprême. Un projet contre lequel l’opposition et la société civile ont manifesté ces deux dernières semaines.

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