Israël : l'opposant Yaïr Lapid dit disposer d'une coalition pour déloger Benjamin Netanyahu

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Les adversaires de Benjamin Netanyahu ont atteint leur objectif : déloger le Premier ministre israélien sortant du pouvoir. Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, a notifié, mercredi, le président Reuven Rivlin qu'il disposait d'une coalition pour former un nouveau gouvernement. Reste désormais à obtenir la confiance du Parlement.

Le chef de l'opposition israélienne Yaïr Lapid a appelé, tard mercredi 2 juin, le président Reuven Rivlin pour lui annoncer qu'il avait réuni les appuis nécessaires à la formation d'un gouvernement anti-Netanyahu, ont indiqué ses services dans un communiqué.

Yaïr Lapid, qui avait jusqu'à 23 h 59 (20 h 59 GMT) pour signifier au président qu'il avait réuni ces voix, a fait cette annonce après avoir rallié dans la soirée des partis de droite et la formation arabe israélienne Raam pour soutenir son futur gouvernement.

"Ce gouvernement sera au service de tous les citoyens d'Israël incluant ceux qui n'en sont pas membres, respectera ceux qui s'y opposent, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour unir les différentes composantes de la société israélienne", a dit Yaïr Lapid au président.

"Je vous félicite, vous et les chefs de partis, pour cet accord de gouvernement. Nous nous attendons à ce que le Parlement se réunisse le plus tôt possible pour ratifier ce gouvernement", a répondu Reuven Rivlin.

Tournant

L'équipe de Yaïr Lapid a diffusé une image de la signature de cet accord de coalition conclu par les chefs de huit partis – deux de gauche, deux de centre, trois de droite et un arabe – et qui pourrait marquer un tournant dans l'histoire politique d'Israël.

Ralliement de dernière minute et à la portée historique, la formation de l'islamiste Mansour Abbas a scellé le sort du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu. "J'ai signé un accord avec (le centriste) Yaïr Lapid (...) après que nous sommes parvenus à un nombre important d'accords sur différents sujets qui servent les intérêts de la société arabe", a-t-il dit dans une déclaration télévisée. Son parti rejoint ainsi les formations de gauche et du centre qui avaient déjà signé dans la journée le projet de coalition porté par le chef de l'opposition.

Statu quo dans le conflit avec les Palestiniens, relance économique, place de la religion : tout divise sur le papier la coalition hétéroclite anti-Netanyahu en dehors de sa volonté de faire tomber le Premier ministre, arrivé au pouvoir il y a 25 ans, de 1996 à 1999, puis reconduit à son poste en 2009, et inculpé pour corruption.

Ces pourparlers autour de Yaïr Lapid duraient depuis la décision lundi de Naftali Bennett, chef de la droite radicale, de rallier le camp anti-Netanyahu. Naftali Bennett est pressenti comme futur Premier ministre dans le cadre d'une rotation au pouvoir prévue dans le projet de coalition.

Fortes tensions

Face au camp Lapid, Benjamin Netanyahu, son parti de droite, le Likoud, et ses avocats sont à la manœuvre pour tenter d'empêcher qu'un tel accord ait l'approbation de la Knesset, le Parlement israélien.

Alors qu'on ignore la date exacte de la réunion du Parlement pour le vote de confiance, la presse israélienne a affirmé que le président de la Knesset, Yariv Levin (Likoud), pourrait être tenté de faire traîner de quelques jours supplémentaire l'organisation du vote, espérant dans cet intervalle des défections dans le camp anti-Netanyahu.

Devant l'hôtel où se sont tenues mercredi les tractations de l'opposition, près de Tel-Aviv, des centaines de manifestants pro ou anti "coalition du changement" se sont rassemblés drapeaux d'Israël à la main, sous haute surveillante policière.

Jugé pour "corruption" dans trois affaires, Benjamin Netanyahu est le premier chef de gouvernement israélien à faire face à des poursuites pénales en cours de mandat. S'il quitte le pouvoir, il devient simple député et ne pourra plus user de son influence pour tenter de faire passer une loi pour le protéger de ses ennuis judiciaires.

Dans ce climat de fortes tensions où un possible accord de gouvernement était dénoncé comme une "trahison" par les pro-Netanyahu, la sécurité de Naftali Bennett et Yaïr Lapid a été renforcée.

Avec AFP

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