Islam, voile: François Fillon monte au créneau

Robin Verner
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François Fillon (Photo d'illustration). - Thomas Samson
François Fillon (Photo d'illustration). - Thomas Samson

Quelques jours après l'assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste, François Fillon réapparaît devant l'opinion publique. Ce mardi, et avant la publication de l'hebdomadaire mercredi, L'Express a ainsi publié un entretien conduit auprès de l'ancien candidat de la droite à la présidentielle et ex-Premier ministre.

Mais c'est sa casquette de ministre de l'Education nationale, entre le 31 mars 2004 et le 31 mai 2005, qui l'a amené à réfléchir à la place de l'islam dans l'espace public. Arrivé peu après la promulgation de la loi sur les signes religieux à l'école, il avait été l'auteur d'une circulaire précisant le texte dans le sens d'une interdiction du voile islamique dans le secondaire.

Pour Fillon, la situation à l'école n'est "qu'une conséquence"

Pour François Fillon, l'attentat perpétré vendredi à Conflans-Sainte-Honorine contre un professeur d'histoire-géographie à qui son assaillant et plusieurs parents d'élèves reprochaient d'avoir montré des caricatures de Mahomet dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression ne doit pas pousser à circonscrire le débat à l'école.

"Une partie significative de la communauté musulmane refuse de s'intégrer, d'accepter les règles de la République et de la vie en commun. La situation à l'école n'est que la conséquence de cette situation générale", déclare ainsi l'ancien leader de la droite.

Il pointe la recrudescence des signes religieux au sein de la société. "Le nombre de prédicateurs, de fidèles eux-mêmes qui désormais adhèrent à l'idée que les règles religieuses, la charia, s'imposent aux règles républicaines, aux lois de leur pays, a considérablement augmenté. Les signes sont de plus en plus nombreux", affirme-t-il avant de citer: "Parmi eux, le port du voile, l'intransigeance sur les sujets d'abattage rituel, la contestation permanente du calendrier, de l'Histoire même...".

"Bannir le voile de tout l'espace public"

C'est d'après cette analyse que l'ex-chef du gouvernement porte son propos sur une thématique étrangère au fait-divers qui a glacé la France vendredi dernier: "Je pense qu'il faut bannir le voile de tout l'espace public. Pas dans la rue, mais dans les établissements scolaires, universitaires, lors des sorties scolaires et même dans tous les établissements recevant du public."

"Il faut nommer les choses et avoir le courage de dire qu'il y a un problème avec la religion musulmane, et non avec les autres", soutient-il de surcroît. "Le totalitarisme islamique est une menace mondiale qui doit être combattue sans barguigner", ajoute François Fillon.

Il s'oppose à l'enseignement de l'arabe à l'école

Au cours de cet entretien, François Fillon distingue d'ailleurs le "séparatisme" dénoncé par Emmanuel Macron et ce "totalitarisme islamique" auquel le Sarthois fait référence à plusieurs reprises:

"Le séparatisme islamiste commence quand les musulmans veulent vivre selon leurs coutumes, leurs lois, leur organisation, en marge de la République; le totalitarisme islamique correspond à un projet global qui consiste à imposer au monde les règles, l'idéologie de la religion musulmane".

François Fillon estime nécessaire l'évolution du droit et de la constitution de la Ve république pour parer la menace. "Il faut pour cela réformer le droit d'asile et simplifier l'ensemble de la législation concernant l'immigration, qui est d'une complexité extrême", pose-t-il. L'interview était aussi pour lui l'occasion de s'exprimer sur un dernier sujet ayant fait l'actualité ces derniers jours. "Le contexte d'urgence justifie que l'enseignement de l'arabe ne soit pas une priorité de l'école publique", tranche-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com