Isère : une médecin revendique le droit de ne pas soigner les femmes voilées

Le 12 mai prochain, elle passera en conseil de discipline devant l’ordre des médecins. Une généraliste qui exerce en Isère a en effet été filmée par une patiente alors qu’elle revendiquait le droit de ne pas apporter de soins, dans son cabinet, à des femmes portant le voile. Le parquet a néanmoins pris la décision de classer la plainte. 


Les faits remontent à l’année de dernière. Le 16 juin 2015, une femme voilée se rend chez son médecin pour des problèmes de tension. “Mais le docteur habituel était en congé, explique-t-elle au site Buzzfeed, c’est sa remplaçante qui m’a reçue”. Ce jour-là, la patiente porte un foulard, mais précise l’avoir “retiré une fois installée dans le cabinet”.

Ce qui n’a visiblement pas suffit : “La médecin semblait un peu stressée, continue-t-elle, elle m’a pris la tension sans relever ma manche et ne m’a pas examinée davantage alors que je voulais comprendre pourquoi je me sentais mal depuis un moment”.

“Je ne veux plus de femmes voilées en France”

Très vite, les choses vont s’envenimer : la médecin essaye de prescrire de l’Heptamyl à la patiente : “Sauf que j’ai tout de suite précisé que j’étais intolérante à ce médicament, mais elle ne voulait pas me prescrire mon médicament habituel”. A ce moment, la praticienne aurait déchiré l’ordonnance avant d’affirmer ne pas aimer “les femmes voilées” tout en accusant cette mère de famille de ne pas vouloir payer la consultation. “A aucun moment je n’ai dit que je ne voulais pas payer, précise-t-elle, j’ai juste voulu comprendre pourquoi elle refusait de me prescrire mon médicament habituel”.

La patiente demande alors si elle peut filmer la scène à l’aide de son téléphone. Une demande acceptée par la médecin qui ne semble pas gênée le moins du monde : “Je vous en prie, surtout, lui dit-elle. Surtout portez plainte, au moins qu’on médiatise un peu la chose (…) Parce que je ne veux plus de femmes voilées en France”.

Un comportement contraire au serment d’Hippocrate 

Avant de commencer à exercer, les médecins occidentaux prêtent traditionnellement le fameux serment d’Hippocrate. Ce dernier stipule notamment que le praticien est obligé d’apporter des soins “avec la même conscience à tous ses patients, quels que soient leur condition, leur nationalité, leur religion, leur réputation et les sentiments qu’ils lui inspirent”. 

Un serment qui risque fortement d’apparaître dans les échanges le 12 mai prochain, lors de l’audience de la généraliste face à l’ordre des médecins.