Irlande du Nord : le Brexit ravive les tensions entre unionistes et républicains

Le 7 avril, Belfast a connu des violences comme l'Irlande du Nord n'en avait pas connu depuis 20 ans. Des jeunes se sont rassemblés dans les rues, et 50 policiers ont été blessés. Le Brexit a ravivé des plaies dans une Irlande du Nord toujours divisée. Les incidents sont partis des quartiers dits unionistes, attachés au Royaume-Uni, et majoritairement protestants. Une frontière déplacée en mer Les nouvelles frontières du Brexit ont été le point de départ de l'incident. En théorie, la frontière et les contrôles des marchandises auraient dû être mis en place entre l'Irlande, toujours membre de l'Union européenne, et l'Irlande du Nord, qui en sort. Impossible, selon les accords de paix ; la frontière a donc été déplacée en mer. L'Irlande du Nord se retrouve donc séparée de sa mère patrie. Dans son quartier où se dresse fièrement le drapeau britannique, Ron McCann estime que son identité est menacée. "On a voté pour quitter l'Europe, comme les autres régions du Royaume-Uni, mais on est traités différemment", déplore-t-il. Les anciens démons du passé et du sanglant conflit entre protestants et catholiques n'ont pas mis longtemps à ressurgir. À Belfast, les deux communautés sont toujours séparées par une centaine de très hauts murs. Pour Francis McCann, artisan catholique pro-irlandais, les pro-britanniques sont responsables de la crise actuelle : "Quand les partisans du Royaume-Uni n'ont pas ce qu'ils veulent, ils se tournent vers la violence (...). Ça n'aurait pas été le Brexit, ils auraient trouvé autre chose".