Iran: pour Washington, "rien n'indique" que la situation des femmes va s'améliorer

Le secrétaire d'État américain Anthony Blinken à Muenster, en Allemagne, le 4 novembre. - BERND LAUTER / AFP
Le secrétaire d'État américain Anthony Blinken à Muenster, en Allemagne, le 4 novembre. - BERND LAUTER / AFP

Les États-Unis ont affirmé ce lundi ne voir aucun signe que la situation des femmes en Iran allait s'améliorer après l'annonce inattendue de l'abolition de la police des moeurs.

"Malheureusement, rien n'indique que les dirigeants iraniens améliorent la façon dont ils traitent les femmes et jeunes filles ou cessent la violence qu'ils infligent aux manifestants pacifiques", a déclaré un porte-parole du département d'État, refusant de "commenter les affirmations ambiguës ou vagues" du pouvoir iranien.

Des militants des droits humains craignent un leurre

Pour le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, il reste à voir si le régime "prendra en compte" les aspirations du peuple iranien, exprimées à travers ces manifestations.

"Les efforts de répression, d'usage de la violence, d'arrestations des gens,... ce n'est pas un signe de force, c'est un signe de faiblesse", a déclaré le secrétaire d'État, en marge de discussions commerciales avec l'Union européenne en banlieue de Washington.

L'annonce de l'abolition de la police des moeurs, faite par le procureur général d'Iran ce week-end, a été perçue comme un geste envers les manifestants, mais certains militants des droits humains iraniens doutent de sa réalité.

Ils estiment aussi qu'une abolition de la police des moeurs ne changerait en rien l'obligation du port du voile, imposée par une loi datant de 1983.

L'Iran bientôt écarté de la Commission de l'ONU sur les femmes?

L'Iran est secoué par un mouvement de protestation sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979, déclenché par la mort le 16 septembre d'une jeune Kurde iranienne, Mahsa Amini, après son arrestation par la police des moeurs.

Début novembre, la vice-présidente américaine Kamala Harris avait lancé une initiative pour écarter l'Iran de la Commission de l'ONU sur les femmes.

Un appel renouvelé dimanche par l'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield. Le gouvernement iranien "ne devrait pas" siéger dans cet organe "chargé de promouvoir l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes", avait-elle tweeté, appelant à l'en "retirer".

Une pétition publique allant dans ce sens avait reçu lundi plus de 165.000 signatures. Un vote sur le retrait de l'Iran de cette commission doit se tenir la semaine prochaine au Conseil économique et social des Nations unies.

Lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani, a accusé Washington de pousser l'Iran vers la sortie "avec l'aide de certains pays européens", une démarche "illégale" et "à but politique".

Article original publié sur BFMTV.com