Iran/virus: le nombre de morts en hausse, celui des contaminations marque le pas

Une iranienne portant un masque de protection contre le nouveau coronavirus, à Téhéran, le 13 avril 2020

Téhéran (AFP) - L'Iran a annoncé lundi une remontée significative des décès quotidiens dus au nouveau coronavirus, alors que le nombre officiel des nouvelles contaminations est tombé sous les 1.000 cas en 24 heures, pour la première fois en plus d'un mois.

Entre dimanche midi et lundi à la mi-journée, 96 décès supplémentaires dus à la maladie Covid-19 ont été recensés, portant le bilan de la pandémie à 5.806 morts, a indiqué le porte-parole du ministère de la Santé Kianouche Jahanpour.

La veille, lors de son point de presse quotidien, M. Jahanpour avait fait part d'une chute des décès à 60, chiffre quotidien le plus bas annoncé par les autorités depuis le 10 mars.

Selon le porte-parole, l'Iran a enregistré 991 nouveaux cas de contamination entre dimanche et lundi, et le total des cas confirmés dans le pays s'élève désormais officiellement à 91.472.

Outre les décès directs, plus de 700 personnes sont mortes au cours du premier mois de l'année iranienne (du 20 mars au 19 avril) après avoir bu de l'alcool frelaté, sur fond de rumeur selon laquelle l'absorption d'alcool permettrait de "se protéger contre le coronavirus", a regretté M. Jahanpour.

La consommation et la vente d'alcool sont interdites en République islamique d'Iran, mais les médias locaux font régulièrement état d'intoxications mortelles avec de l'alcool de contrebande.

Depuis le 11 avril, l'Etat a autorisé une réouverture progressive des commerces et a levé les restrictions sur les déplacements à l'intérieur du pays qui avaient été mises en place pour lutter contre la propagation du virus.

Ecoles, universités, mosquées, sanctuaires chiites, cinémas, stades et autres lieux de regroupement restent néanmoins fermés dans tout l'Iran, qui vit depuis samedi au rythme du ramadan.

Depuis dimanche, les autorités ont commencé à évoquer la possibilité d'une réouverture des mosquées dans des zones peu touchées sans expliquer précisément selon quels critères.

Dans le même temps, alors que les chiffres officiels iraniens sur le coronavirus sont jugés largement sous-estimés à l'étranger mais aussi par certains responsables à l'intérieur même du pays, l'Etat indique qu'il reste vigilant.

"Nous examinons la situation tous les quatre jours" pour réimposer les restrictions sanitaires si nécessaire, a déclaré dimanche soir Iraj Harirchi, vice-ministre de la Santé.

"Les réouvertures ne signifient surtout pas la normalisation," a-t-il déclaré à la télévision d'Etat.

L'Iran, qui a annoncé ses premiers cas de contamination en février, est de loin le pays le plus touché par l'épidémie du nouveau coronavirus au Moyen-Orient.