Iran : le sermon de l'ayatollah Khamenei à la prière du vendredi

Photo fournie par le bureau du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, le montrant lors d'une réunion à Téhéran le 15 janvier 2020

Téhéran (AFP) - Voici les principaux points du sermon prononcé vendredi par l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran, à l'occasion de la grande prière hebdomadaire musulmane à la mosquée Mosalla de Téhéran.

"Jours de Dieu" :

"Le jour où des dizaines de millions de personnes en Iran, et des centaines de milliers [d'autres] en Irak et dans d'autres pays sont descendues dans les rues pour rendre hommage au [général Qassem] Soleimani [éliminé par les Etats-Unis le 3 janvier en Irak] [...], ce jour est un jour de Dieu" .

"Le jour où les missiles du Corps [des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, NDT] ont détruit la base de l'armée américaine en Irak est aussi l'un de ces jours de Dieu. Qu'une nation ait le pouvoir de gifler ainsi une puissance mondiale, harcelante et arrogante montre la puissance de Dieu."

Sur l'élimination de Soleimani :

"Ils ont tué [un homme] qui était le commandant le plus connu et le plus puissant de la lutte contre le terrorisme".

"Ils l'ont tué impudemment et lâchement et l'ont reconnu ; cela a causé le déshonneur de l'Amérique."

Sur les tirs iraniens contre des cibles américaines en Irak :

"Cette frappe a été plus grande que toutes [les attaques précédentes contre les Etats-Unis], cela a été une frappe contre leur réputation, contre la puissance de l'Amérique. Rien ne pourra compenser [le tort ainsi causé aux Etats-Unis, et les] sanctions [contre l'Iran] ne peuvent rendre à l'Amérique son prestige perdu."

Sur la Force Qods :

Les membres de la Force Qods, unité d'élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution (celle que dirigeait Soleimani) sont des "combattants sans frontières et seront là partout où il y a besoin de défendre la dignité des opprimés."

"Ils sont ceux qui maintiennent à distance de notre nation la guerre, le terrorisme, la destruction."

"Oui, ils aident effectivement la Palestine, Gaza, et d'autres endroits où l'on a besoin d'eux, mais ils apportent aussi la sécurité à notre propre pays."

Sur les manifestations contre les autorités :

"Ces gens qui ont été dupés et qui ont scandé une fois "Pas pour Gaza, pas pour le Liban" [allusion à un des slogans de la contestation de décembre 2017 : "Pas pour Gaza, pas pour le Liban, ma vie pour l'Iran"], non seulement ils n'ont jamais donné leur vie pour l'Iran, mais ils n'ont pas sacrifié non plus leurs intérêts pour le pays."

"La nation iranienne a montré qu'elle soutient la résistance, pas la soumission. Ceux qui essaient de montrer autre chose à l'opinion mondiale et au peuple d'Iran à propos de la grande nation iranienne ne sont pas honnêtes avec le peuple."

"Ces quelques centaines de personnes qui ont insulté le portrait du général Soleimani, est-ce là le peuple d'Iran ? Ou ces foules de millions de personnes dans les rues ?".

L'ayatollah Khameini s'est encore adressé aux "clowns américains qui mentent de la façon la plus vicieuse [en disant] qu'[ils] sont avec le peuple iranien".

Sur l'avion ukrainien abattu le 8 janvier :

Cet "accident amer [...] a brûlé notre coeur."

"Mais certains ont essayé de [l'utiliser] de façon à [faire] oublier le grand martyre et sacrifice" de Soleimani.

"Nos ennemis ont été aussi heureux du crash de l'avion que nous en avons été attristés."

Ils se sont "réjouis d'avoir trouvé quelque chose pour remettre en question les Gardiens, les forces armées, le système" de la République islamique.

Sur la dernière mesure de trois pays européens sur le nucléaire iranien:

"Parmi ces choses destinées à éclipser ces grands événements [la mort "en martyr" de Soleimani et ses funérailles, ainsi que les frappes de représailles iraniennes en Irak, NDT], il y a ce que ces trois gouvernements européens ont fait, ces gouvernements de l'Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne, en menaçant l'Iran [de porter] le dossier nucléaire [iranien] devant le Conseil de sécurité" des Nations unies.

"Ces trois pays sont ceux qui ont aidé Saddam Hussein du plus qu'ils le pouvaient pendant la guerre" Iran-Irak (1980-88).

"Il est prouvé maintenant [...] qu'ils sont au vrai sens du terme les valets de l'Amérique, et ces gouvernements lâches attendent que l'Iran se soumette".

"Même quand ils négocient, leurs paroles sont ternies par le sceau de la tromperie [...] ces gens assis à la table des négociations, ces gentlemen [en anglais dans le texte, NDT], sont [les mêmes] que les terroristes [ayant assassiné Soleimani] ils ont juste changé de costume[...] on ne peut pas leur faire confiance."

Sur les législatives du 21 février :

"Lors des élections, la participation de la nation iranienne est une assurance pour le pays et une déception pour l'ennemi. Ils [les ennemis, NDT] font tout leur possible pour que le peuple ne participe pas aux élections avec enthousiasme. Je dis que le peuple doit participer aux élections avec empressement et enthousiasme."

(Traduit du persan par l'AFP)