En Iran, quatre mois d’une répression féroce

L’Orient-Le Jour

Alors qu’en Iran la révolte contre le pouvoir entame son cinquième mois, le quotidien libanais L’Orient-Le Jour lui consacre sa une du mardi 17 janvier, sous un titre au ton virulent : “La république de barbarie”.

Celui-ci est sans doute inspiré du livre Syrie. L’État de barbarie du chercheur français Michel Seurat, enlevé et tué dans les années 1980 au Liban par l’Organisation du djihad islamique, une émanation du Hezbollah, soutenu par l’Iran.

Le 16 septembre dernier, la mort de la jeune Mahsa Amini, après son arrestation pour port “inapproprié” du voile, a marqué le début d’une révolte contre la république des mollahs et l’imposition du port du voile. Dans son focus consacré à ces quatre mois de mobilisation, L’Orient-Le Jour a voulu d’abord rendre hommage aux 24 hommes exécutés ou condamnés à mort par le régime. Sur la première page, figure la photo et le nom de chacun d’entre eux.

“Ils sont 24. Ce sont tous des hommes. Ils ont entre 18 et 53 ans. Quatre d’entre eux […] ont déjà été exécutés”, indique le journal libanais, qui rappelle le caractère inédit de ce soulèvement, aux mots d’ordre féministes et politiques, depuis la création de la République islamique, il y a quarante-quatre ans, mais aussi les nombreux défis auxquels il doit faire face.

Appareil sécuritaire “puissant et fidèle”

“La révolte iranienne a surpris tout le monde, à commencer par le régime. Quatre mois après, elle se poursuit sans toutefois réussir à provoquer des manifestations de masse”, note ainsi le quotidien.

“Le régime a les moyens de tenir. L’appareil sécuritaire est puissant et globalement fidèle. Les ouvriers hésitent à rejoindre le mouvement compte tenu des répercussions que cela peut provoquer. Mais la rupture semble consommée.”

Depuis le 16 septembre, au moins 481 manifestants, dont 64 mineurs, ont été tués par le régime, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR, installée en Norvège), tandis que quelque 15 000 personnes ont été arrêtées, d’après l’ONU.

“Le régime cherche à supprimer le mouvement de protestation par la violence, les arrestations massives et les exécutions. Cette répression a déjà fonctionné par le passé, mais c’est une solution à court terme, car les problèmes de fond ne vont pas disparaître simplement avec la dispersion des manifestants”, analyse Alex Vatanka, directeur du programme Iran au Middle East Institute, interrogé par le journal.

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