Iran : comment des projectiles “non-létaux” sont utilisés... pour tuer les manifestants

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“Si on tire de près, on peut les tuer” : le constat est net, et il vient d’un membre des forces paramilitaires iraniennes du Basij qui a accepté de s’entretenir avec la rédaction des Observateurs. Son unité n’a pas hésité à tirer des balles de chevrotine sur les manifestants qui protestent depuis mi-septembre contre le régime. Ces projectiles, utilisés à bonne distance, ne sont pas censés être létaux, mais ils ont tué des dizaines de manifestants.

Au moins 227 Iraniens ont été tués dans le mouvement de protestation qui secoue le pays depuis le 16 septembre, suite au décès de Mahsa Amini après son arrestation par la police morale.

Lors du massacre le plus meurtrier – plus de 66 personnes tuées dans la ville de Zahedan le 30 septembre – de ce mouvement, la police a ouvert le feu à balles réelles sur les manifestants. Mais ailleurs, d’autres ont été tués ou blessés par des “armes non létales”, notamment des balles de chevrotine.

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Des dizaines d’images publiées sur les réseaux sociaux et notamment corroborées par Amnesty international, documentent l’usage de fusil à pompe par les forces de sécurité iraniennes, dont des agents de police, les forces paramilitaires du Basij, ainsi que la police anti-émeute.

“Ils les ciblent à la poitrine ou à la tête pour tuer.”

“Nous utiliserons les kalashnikovs lorsque l’ordre sera donné”