Iran: L'ayatollah Khamenei critique publiquement le chef de la diplomatie

par Parisa Hafezi
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IRAN: L'AYATOLLAH KHAMENEI CRITIQUE PUBLIQUEMENT LE CHEF DE LA DIPLOMATIE

par Parisa Hafezi

DUBAI (Reuters) - L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique iranienne, a critiqué dimanche le ministre des Affaires étrangères pour avoir déclaré que les Gardiens de la révolution avaient plus d'influence que lui sur la diplomatie de Téhéran et le dossier clé du nucléaire.

Dans cet entretien, diffusé la semaine dernière par la chaîne d'information par satellite en farsi Iran International, basée à Londres, le ministre Mohammad Javad Zarif a dit avoir "zéro" influence sur la politique étrangère de l'Iran.

Dimanche, lors d'un discours télévisé, l'ayatollah Khamenei n'a pas prononcé le nom de Zarif mais il a jugé que "c'était une grosse erreur qui ne doit pas être commise par un représentant officiel de la République islamique".

"Il n'y a nulle part dans le monde où le ministre des Affaires étrangères détermine la politique étrangère. Ce sont des responsables de plus haut rang qui prennent les décisions et définissent la politique. Bien sûr, le ministère des Affaires étrangères est également impliqué."

Dans un message publié sur Instagram après la diffusion de ces déclarations d'Ali Khamenei, Mohammad Javad Zarif a présenté ses excuses pour avoir tenu des propos qui ont "embarrassé" l'autorité suprême du pays.

L'Iran a interdit de sortie du territoire 15 personnes accusées d'avoir contribué à la diffusion des propos concernés, un enregistrement qui, selon les autorités, a été réalisé à des fins d'archivage et non pour être rendu public.

Dans cet entretien, Mohammad Javad Zarif se plaint de l'influence sur la politique étrangère qu'exerçait selon lui Qassem Soleimani, chef de la force clandestine Al Qods des Gardiens de la révolution tué par une frappe américaine en Irak début 2020, en laissant entendre que Soleimani avait tenté de faire échouer l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien avec l'aide de la Russie.

Même si Zarif a déclaré à de multiples reprises qu'il n'avait pas l'intention d'être candidat à l'élection présidentielle du mois prochain, son nom a été suggéré dans le camp des modérés du régime.

Plusieurs figures des Gardiens de la révolution sont eux officiellement en lice.

(Version française Marc Angrand, édité par Jean Terzian)