Iran: l'avocate Nasrin Sotoudeh autorisée à sortir de prison

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L'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, chez elle, à Téhéran, le 18 septembre 2013, libérée après trois ans de prison

Iran: l'avocate Nasrin Sotoudeh autorisée à sortir de prison

L'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, chez elle, à Téhéran, le 18 septembre 2013, libérée après trois ans de prison

L'avocate iranienne et défenseure des droits humains Nasrin Sotoudeh, condamnée à 12 ans de détention en 2019, est sortie de prison samedi après avoir bénéficié d'une autorisation temporaire, a rapporté l'agence d'information officielle de l'Autorité judiciaire.

Son mari Reza Khandan a confirmé plus tard sur Twitter qu'elle avait quitté la prison. "Les amis, Nasrin est sortie il y a quelques minutes" de prison, a-t-il dit.

L'ONU avait appelé en octobre à la libération de Mme Sotoudeh, co-lauréate 2012 du prix Sakharov décerné par le Parlement européen, ainsi que d'autres détenus considérés comme prisonniers politiques, qui n'ont pas été libérés comme d'autres en raison de l'épidémie de nouveau coronavirus.

"Nasrin Sotoudeh (...) a été relâchée de façon temporaire avec l'aval du procureur chargé des prisons des femmes", a indiqué l'agence Mizan Online, sans donner davantage de détails.

La militante avait été condamnée en 2019 à 12 ans de prison, après avoir défendu une femme arrêtée pour avoir manifesté contre l'obligation faite aux Iraniennes de porter le voile.

Jusqu'à récemment, elle était incarcérée dans la prison d'Evine, au nord de Téhéran, avec d'autres prisonniers politiques, parmi lesquels la chercheuse française Fariba Adelkhah, relâchée début octobre avec un bracelet électronique.

En octobre, elle avait été transférée dans la prison de Qarchak située à plus de 30 km au sud de la capitale, alors que sa famille insistait pour qu'elle soit hospitalisée.

Selon son mari, des ennuis de santé avaient conduit la militante âgée de 57 ans à mettre un terme à une grève de la faim de plus de 45 jours entamée pour obtenir la libération des détenus politiques pendant l'épidémie.

Depuis mars, plus de 100.000 détenus iraniens ont bénéficié de permissions de sortie ou de remises de peine, afin de limiter la propagation de la maladie Covid-19 dans les prisons.

Début octobre, la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, avait relevé que la plupart des personnes qui ont été détenues arbitrairement en Iran - dont les binationaux, les ressortissants étrangers, les défenseurs des droits humains, les avocats, les écologistes et d'autres prisonniers d'opinion - avaient été exclues des directives sur ces libérations temporaires. 

Dans un pays où le système pénitentiaire souffre "d'un surpeuplement chronique et de mauvaises conditions sanitaires", ces personnes ont été exposées à un risque accru de contracter le coronavirus, avait-elle ajouté.

"Je suis très inquiète de savoir que la vie de Nasrin Sotoudeh est en danger", avait-elle dit, exhortant les autorités à la libérer "immédiatement".

La pandémie a fait en Iran plus de 37.000 morts sur plus de 670.000 personnes infectées, selon les chiffres officiels publiés samedi.

amh/kam/vl/on