En Iran, la jeunesse aspire "à la liberté, à une vie meilleure"

Franck Mathevon, Gilles Gallinaro
Alors que l'Iran célèbre lundi le 40e anniversaire de la République islamique, les jeunes rencontrés par franceinfo à Ispahan confient braver les carcans de "la dictature des mollahs".

"Les choses qui sont interdites, on les fait. Par exemple, on n’a pas le droit de fumer de l’herbe, mais ici tous les jeunes le font", confie Mahdi, 19 ans, rencontré à Ispahan, la troisième ville d'Iran. Alors que le pays célèbre, lundi 11 février, le 40e anniversaire de la Révolution islamique, la jeune génération, qui n'a pas connu ce basculement, n'hésite pas à clamer ses aspirations en dépit des interdits.

Des diplômes, mais pas forcément un travail

Les jeunes se retrouvent souvent le soir à Djoulfa, le quartier arménien apprécié pour ses cafés et ses rues piétonnes. La nuit vient de tomber, des groupes d’étudiants se donnent rendez-vous sur une petite place. Mahdi, étudiant en urbanisme poursuit : "Ici, on ne fait pas des études pour avoir un travail, on fait des études pour avoir un diplôme et pouvoir trouver une fille et se marier."

Une rue plus loin, Arash, 31 ans, chômeur, nous emmène dans un café. Il montre toutes les applications de son téléphone, "même Tinder", dit-il, citant un site de rencontres. C’est interdit, mais les jeunes Iraniens contournent facilement les obstacles, un moyen de tuer le temps, dans un climat morose : "La situation économique est très difficile depuis quelques années. Les jeunes autour de moi n’ont aucun espoir." Arash n’a pas de travail, ce serait le cas d’un jeune sur trois.

Le fossé des générations s'est (...)

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