Iran : il décapite sa fille et n'encourt que trois ans de prison

Les autorités ne communiquent aucune statistique sur le sujet mais d’après l’Association iranienne pour la défense des droits de l’enfant, une trentaine de filles aurait été tuées par leur père depuis 2001.

Cette histoire se passe dans un petit village de la province de Gilan, au nord du pays, et elle bouleverse l’Iran. "Papa, considère-moi morte, toi qui as voulu ma mort." C’est un extrait de la lettre que Romina Ashrafi écrit à son père le soir de sa fugue. Sa mère, Raana Dashti, en révèle le contenu dans une interview accordée au site d’information locale, Faraz. Romina a 14 ans, un an de plus que l'âge minimum pour le mariage selon la loi iranienne. Elle est tombée sous l’emprise de Bahman Khavari, âgé de 28 ans, et dit vouloir l’épouser. Le père, Reza Ashrafi, s’y oppose farouchement et considère que son honneur est sali. Romina se sait déjà condamnée. "Il lui a demandé de se tuer, raconte sa mère, il m’a donné une corde et m’a dit 'apprend-lui à s’en servir’."

La jeune fille s’enfuit et trouve refuge quelques jours chez la sœur de Bahman. Lequel s’exprime dans un entretien filmé. D’après ses dires, il entretenait depuis deux ans "une relation non consommée" avec celle qu’il refuse d’appeler par son prénom, la désignant comme "la fille". Distant, il dit "regretter sa mort," mais ajoute : "Je n’y peux rien, maintenant elle est partie". Selon une amie de Romina, il la faisait chanter : "Elle m’a dit qu’elle avait participé à un Instagram Live que Bahman avait enregistré, et qu’il la harcelait avec cet enregistrement."

Lire la suite