Iran : la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah réincarcérée à Téhéran

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  • Fariba Adelkhah
    Anthropologue et chercheuse franco-iranienne de l'Institut d'études politiques de Paris

Placée en résidence surveillée en 2020, elle a été de nouveau incarcérée à Téhéran, a annoncé mercredi son comité de soutien.

La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, qui est retenue en Iran depuis 2019, a été de nouveau incarcérée à Téhéran, a annoncé ce mercredi son comité de soutien à Paris. Condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison pour atteintes à la sécurité nationale, elle était placée en résidence surveillée depuis octobre 2020. 

"Nous apprenons avec stupeur et indignation la réincarcération dans la prison d'Evin de Fariba Adelkhah", a annoncé ce comité dans un communiqué, dénonçant des agissements "cyniques" du pouvoir iranien qui utiliserait le cas de la chercheuse "selon des fins extérieures ou intérieures qui demeurent opaques".

"Alors que la pandémie de Covid continue de battre son plein le gouvernement iranien met délibérément en danger la santé et même la vie de Fariba Adelkhah - la mort en détention du poète et réalisateur Baktash Abtin, samedi dernier, ayant démontré son incapacité ou son mauvais vouloir à garantir la sécurité de ses détenus", juge le comité.

Paris met en garde

Cette annonce concernant Fariba Adelkhah survient le même jour que celle du BritishCouncil, organisme de promotion de la culture britannique à l'étranger, sur le retour au Royaume-Uni de l'une de ses employées, Aras Amiri, après son acquittement en Iran où elle avait été condamnée en 2019 pour espionnage.

La décision de Téhéran de réincarcer Fariba Adelkhah va "réduire la confiance" entre l'Iran et la France, a mis en garde mercredi le gouvernement français, en pleine négociation sur le nucléaire iranien.

"La décision de sa réincarcération, que nous condamnons, ne peut qu'avoir des conséquences négatives sur la relation entre la France et l'Iran et réduire la confiance entre nos deux pays", a déclaré dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères, exigeant la "libération immédiate" de la chercheuse.

D'autres binationaux et un Français détenus

L'Iran détient plusieurs autres ressortissants bi-nationaux et un citoyen français, Benjamin Brière. Ils sont parfois accusés d'espionnage. Au cours des dernières années, la République islamique a procédé à plusieurs échanges de détenus avec des pays étrangers. 

L'Iran et plusieurs pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Chine, plus Washington de manière indirecte) ont relancé en novembre les pourparlers pour sauver l'accord de 2015 ("JCPOA"), censé empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique. 

Ils visent à faire revenir dans le pacte Washington, qui l'a quitté en 2018, et de ramener Téhéran au respect de ses engagements, rompus en réaction au rétablissement des sanctions américaines.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Nucléaire iranien : nouvelles discussions à Vienne, la levée des sanctions reste la "priorité" de Téhéran

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