Iran : au moins 35 morts après plus d'une semaine de manifestations, selon un média d'État

Des manifestants à Téhéran, en Iran, le 21 septembre 2022 - AFP
Des manifestants à Téhéran, en Iran, le 21 septembre 2022 - AFP

Un mouvement de protestation massif secoue l'Iran depuis la mort de Mahsa Amani, une jeune femme de 22 ans, après son arrestation pour non-respect de l'obligation du port du foulard. Un média d'État a indiqué que le bilan s'élevait à au moins 35 morts.

Au moins 35 personnes ont été tuées dans les violentes manifestations déclenchées en Iran depuis plus d'une semaine après la mort d'une jeune femme arrêtée par la police des moeurs, a indiqué ce samedi un média d'État.

Mahsa Amini, âgée 22 ans, a été arrêtée le 13 septembre à Téhéran pour "port de vêtements inappropriés" par la police chargée de faire respecter le strict code vestimentaire de la République islamique.

Elle est morte trois jours plus tard à l'hôpital, et sa mort a entraîné des manifestations nocturnes dans les principales villes d'Iran, dont la capitale Téhéran.

"La télévision d'État a annoncé vendredi soir que le nombre de personnes décédées lors des récentes émeutes dans le pays est passé à 35 personnes", a déclaré Borna News, l'agence de presse liée au ministère iranien des Sports.

Jeudi, la télévision d'État avait fait état de la mort de 17 personnes lors de ces manifestations, alors que les autorités démentent toute implication dans ces violences.

"Pas de coups"

Dans la République islamique, les femmes doivent se couvrir les cheveux et n'ont pas le droit de porter des manteaux courts ou serrés ou des jeans troués.

Vendredi soir, le ministre de l'Intérieur, Ahmad Vahidi, a de nouveau affirmé que Mahsa Amini n'avait pas été battue par les forces de l'ordre.

"Des rapports des organes de surveillance ont été reçus, des témoins ont été interrogés, des vidéos ont été examinées, des avis médico-légaux ont été obtenus et il a été constaté qu'il n'y avait pas eu de coups" assénés à la jeune femme, a indiqué à la télévision Ahmad Vahidi, cité par les médias locaux.

Selon lui, le gouvernement iranien enquête "sur la cause de la mort de Mahsa Amini (mais) il faut attendre l'avis définitif du médecin légiste, ce qui prend du temps".

Ahmad Vahidi a en outre critiqué "ceux qui ont pris des positions irresponsables, (...) et incité à la violence", les accusant de "suivre les États-Unis, les pays européens et les groupes anti-révolutionnaires".

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Le gouvernement iranien tente de contrer les protestations en organisant ses propres manifestations