Iran: un an après l'assassinat de Soleimani, Téhéran craint une attaque américaine

·3 min de lecture

Il y a tout juste un an, le 3 janvier 2020, le général iranien Qassem Soleimani était assassiné par une frappe de drone américain près de l’aéroport de Bagdad, en Irak. Le haut-gradé iranien commandait la Force Al-Qods des Gardiens de la Révolution. Il incarnait l’influence de Téhéran dans les crises régionales.

Dans la guerre en Syrie, à la tête des forces iraniennes soutenant Bachar el-Assad, ou en Irak, aux côtés des miliciens chiites combattant contre le groupe État Islamique, Qassem Soleimani était devenu ces dernières années un héros de la République Islamique d’Iran.

L’élimination du général iranien a été l’un des actes les plus spectaculaires de la politique de « pression maximale » sur l’Iran pendant les quatre années de présidence Trump. Et Téhéran n’a pu s’offrir qu’une vengeance limitée en tirant des missiles sur des bases américaines en Irak, rappelle Nicolas Falez, du service international de RFI. Vengeance qui a tourné au fiasco puisque dans le climat d’extrême tension qui régnait alors, la défense anti-aérienne iranienne a abattu un avion civil ukrainien, tuant les 176 personnes à bord.

Une ombre qui plane encore

Un an après l’assassinat de Qassem Soleimani à Bagdad, l’Irak est toujours fragilisé par sa double alliance avec Téhéran et Washington.

Joe Biden s’apprête à entrer à la Maison Blanche où il souhaite relancer l’accord sur le nucléaire iranien. Mais pour le président élu, comme pour ses alliés, de futures négociations avec Téhéran doivent inclure le rôle de l’Iran dans les crises du Moyen-Orient, où plane encore l’ombre de Qassem Soleimani.

Riposte à « tout acte » des États-Unis

L'Iran ripostera à « toute action de l'ennemi », a averti ce samedi le chef des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du pays, en référence aux tensions croissantes avec les États-Unis, lors d'une inspection des troupes stationnées sur une île clé du Golfe.

« Nous sommes ici aujourd'hui pour nous assurer de notre puissance navale contre les ennemis qui fanfaronnent et nous menacent », a déclaré le général de division Hossein Salami sur l'île d'Abou Moussa, selon Sepahnews, le site internet officiel des Gardiens de la révolution. L'île d'Abou Moussa est située près de l'entrée du stratégique détroit d'Ormuz par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole.

Porte-avion américain dans le Golfe

Ce vendredi 1er janvier, le chef de l'Autorité judiciaire en Iran, Ebrahim Raïssi, avait déjà promis que les auteurs de l'assassinat du général Soleimani ne seraient « nulle part en sécurité ». La veille, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avait accusé le président américain sortant Donald Trump de chercher à fabriquer « un prétexte » pour lancer « une guerre », au moment où les tensions entre les deux ennemis montent à nouveau.

Le porte-avions américain USS Nimitz a été déployé fin novembre dans le Golfe, tandis que deux bombardiers américains B-52 ont survolé la région le 10 décembre dans une démonstration de force dirigée notamment contre l'Iran.

Selon le New York Times, le ministre américain de la Défense Christopher Miller a depuis ordonné le retour du Nimitz. Un signal de « désescalade » envoyé à Téhéran pour éviter un conflit, écrit le quotidien américain, citant un responsable.

À lire aussi : Donald Trump avait-il le droit d'agir unilatéralement pour éliminer Soleimani?