Irak: Une opération militaire pour sécuriser la livraison de pétrole en Iran

par Maher Chmaytelli

par Maher Chmaytelli

KIRKOUK, Irak (Reuters) - Les forces irakiennes planifient une opération militaire afin de renforcer le contrôle d'une zone montagneuse située près de la frontière avec l'Iran que doivent emprunter des camions de livraison de pétrole, a-t-on appris lundi de source autorisée.

Cette opération pour sécuriser le massif montagneux de Hamrin, où deux groupes armés sont toujours actifs, pourrait débuter cette semaine, a-t-on expliqué à Reuters.

La zone se situe entre les gisements de Kirkouk, dans le nord de l'Irak, et la ville de Khanaqin, à la frontière avec l'Iran.

Le ministre irakien du pétrole a annoncé en décembre, dans le cadre d'un accord de troc entre les deux pays pour permettre la reprise des exportations de pétrole de Kirkouk, que du pétrole serait livré par camion à la raffinerie iranienne de Kermanshah.

Prévues pour débuter avant la fin janvier, les livraisons ont été retardées, sans que les représentants pétroliers n'invoquent un motif autre que des problèmes techniques.

Six combattants d'une tribu sunnite pro-gouvernementale, qui étaient chargés d'un point de contrôle situé sur l'itinéraire prévu pour les camions de livraison, au sud du massif montagneux de Hamrin, ont été tués lundi lors d'une attaque, a-t-on appris auprès des services de sécurité.

La menace qui pourrait peser autour des montagnes de Hamrin n'a pas été précisée, mais deux groupes dissidents sont connus pour agir dans cette zone, l'un formé par des rescapés du groupe Etat islamique (Daech), l'autre appelé "Bannières blanches".


"BANNIÈRES BLANCHES"

Formé récemment et peu connu, le groupe "Bannières blanches" serait composé de combattants issus des communautés kurdes poussées à l'exil en octobre dernier lorsque les forces gouvernementales irakiennes et les miliciens chiites des Forces de mobilisation populaire (FMP) se sont emparés des régions de Kirkouk et de Tuz Khurmatu, a expliqué un expert en sécurité à Bagdad.

"Les Bannières blanches n'ont aucun lien avec Daech ni avec le gouvernement régional du Kurdistan irakien (GRK)", a précisé Hicham al Hachimi.

Des représentants de l'armée irakienne ont reconnu l'existence de ce groupe mais se sont refusé à évoquer son chef ou le nombre de ses combattants.

Un représentant kurde a affirmé à Reuters que le GRK "n'a strictement aucun lien, quel qu'il soit", avec les Bannières blanches.

L'accord de troc établi en décembre par l'Irak et l'Iran prévoit que du brut iranien sera livré dans le sud de l'Irak en échange de la livraison de 60.000 bpj de brut de Kirkouk à l'Iran.

Les ventes de brut de Kirkouk sont à l'arrêt depuis la reprise du contrôle des gisements aux Kurdes par les forces irakiennes en octobre.

Les forces kurdes avaient pris le contrôle de Kirkouk en 2014 après la déroute de l'armée irakienne face à Daech. Les Kurdes ont empêché les djihadistes de prendre le contrôle des gisements de pétrole de la région.

En décembre, l'Irak a aussi dévoilé un projet de construction d'un oléoduc vers l'Iran, dans le cadre d'un projet de mise en place d'un réseau d'oléoducs à travers tout le territoire national, comme solution alternative au transport coûteux et dangereux par camion-citerne.


(Jean Terzian pour le service français)