Irak: le Parlement accepte la démission du Premier ministre Adel Abdel Mahdi

La démission d'Adel Abdel Mahdi et de son gouvernement a été acceptée par le Parlement irakien, ce dimanche 1er décembre 2019 à Bagdad. Les manifestants anti-régime exigeaient depuis de nombreuses semaines le départ du Premier ministre.

Cette session parlementaire était attendue depuis deux jours. Elle a permis d’officialiser la démission du Premier ministre qui n’est donc plus à la tête de l’Etat irakien, rapporte notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann.

S’ouvre désormais une période d’incertitude et très certainement d’instabilité, puisque les blocs politiques au Parlement doivent désormais se mettre d’accord pour approuver un nouveau Premier ministre.

On sait combien cela avait pris du temps en 2018, près d’une demie année. Tout simplement, parce qu’aucun bloc politique n’a la majorité absolue au Parlement et qu’il faut donc trouver un homme politique qui fasse consensus. Voilà pour la première source d’incertitude et d’instabilité.

La deuxième réside dans le fait que les manifestants ne demandent pas seulement le départ du Premier ministre, mais de tous les hommes politiques. Eux, ne souhaitent pas réellement le renouvellement du Premier ministre dans le système actuel. Ils veulent des élections anticipées au plus vite.

S’ils voient que les parlementaires travaillent davantage à la nomination d’un nouveau Premier ministre plutôt qu’à leur demande, on imagine bien que la contestation prendra une autre ampleur dans les jours et dans les semaines à venir.

Plus de 400 personnes ont déjà perdu la vie en deux mois en Irak et on déplore des milliers de blessés. Un deuil est d'ailleurs observé dans de nombreuses provinces du pays ce dimanche. Un officier de police accusé d'avoir tué deux manifestants a été condamné à mort ce dimanche. Les autorités, qui accusent depuis le 1er octobre « des tireurs non identifiés » de viser indifféremment manifestants et forces de sécurité, a reconnu par endroits un « usage excessif de la force ».

À écouter aussi : En Irak, « un triptyque infernal qui lie le système politique à la corruption et à l’ingérence étrangère »