Irak: les ONG dénoncent des attaques incessantes de Bagdad contre les médias

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Les attaques contre les médias se sont accrues en Irak depuis plusieurs mois, mais Bagdad n’a pris aucune mesure face au problème. « Quand l'Irak commencera-t-il à protéger les journalistes ? » demande l’ONG Human Rights Watch dans un appel lancé aux autorités irakiennes, après la mise à feu en toute impunité d’une chaîne de télévision à Bagdad.

De notre correspondante à Bagdad,

L’appel de l’ONG pour la protection des journalistes a été lancé un mois et demi après la mise à feu des locaux d'une chaîne de télévision à Bagdad. Des manifestants les avaient incendiés, car la chaîne avait diffusé un concert de musique pendant le jour sacré de l'Achoura, ce qui avait provoqué la colère de certains Irakiens.

Human Rights Watch a publié cet appel, non seulement pour dire que les autorités irakiennes n'ont pas agi pour protéger les journalistes, mais au contraire : elles ont même émis un mandat d’arrêt contre l'un des propriétaires du média en question, affirmant que l'émission avait offensé les opinions religieuses.

L'organisation internationale souligne également qu'au moins trois journalistes de cette chaîne ont reçu de nombreuses menaces après cet événement, notamment par des hommes armés qui se sont rendus à leur domicile. Et aujourd'hui, ces journalistes se sont sentis obligés de démissionner, et même de quitter leur domicile, pour se mettre à l'abri et protéger également leur famille.

Des journalistes tués et des fermetures de médias imposées par Bagdad

Ce n'est pas un cas isolé en Irak. On a pu constater au cours de toute cette année une hostilité accrue envers les médias en Irak, particulièrement les médias locaux.

En 2019, au moins trois rédactions ont été attaquées en plein centre de Bagdad par des dizaines d'hommes armés non identifiés. Puis le gouvernement a annoncé la fermeture de huit chaînes de télévision et de quatre stations de radio et plusieurs mandats d'arrêt ont été émis à l'encontre de journalistes.

En 2020, au moins quatre journalistes ont déjà été assassinés en Irak, selon le décompte de Reporters sans frontières, soit une situation extrêmement alarmante.

Selon Human Rights Watch, d'une part le gouvernement ne protège pas les journalistes sur son territoire lorsqu'ils sont menacés, mais de plus, les autorités usent également de leur pouvoir pour faire taire les opinions qui ne leur conviennent pas.

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