Irak : face aux révoltes sanglantes, le Premier ministre va présenter sa démission

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Cette décision fait suite à deux mois de contestation qui ont fait quelque 400 morts.

Cette décision fait suite à deux mois de contestation qui ont fait quelque 400 morts.

Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a annoncé ce vendredi qu'il allait présenter sa démission au Parlement, quelques heures après que la plus haute autorité chiite du pays a appelé ce dernier à lui retirer sa confiance. Aussitôt, sur la place Tahrir de Bagdad, épicentre de la contestation qui réclame la refonte du système et le renouvellement d'une classe politique jugée corrompue et incompétente, la foule a explosé de joie. 

Ce vendredi également, cinq nouveaux manifestants ont été tués par balles et des dizaines blessés à Nassiriya, ville du sud de l'Irak à feu et à sang depuis la veille, portant à plus de 400 morts le bilan de deux mois de contestation contre le pouvoir et son parrain iranien.  

Le grand ayatollah lâche le gouvernement

Dans cette ville proche des ruines de l'antique Ur où les manifestants ont incendié deux sièges de la police et tentent de s'en prendre à la Direction provinciale de la police, le chef de la police a démissionné ce vendredi, suivant le gouverneur jeudi et un commandant militaire dépêché par Bagdad a été limogé dans le chaos. 

Ces décès de manifestants intervenaient peu après que le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique dans le pays, avait appelé à remplacer le gouvernement, et au lendemain d'une des journées les plus sanglantes de la contestation avec 46 morts, de sources médicales et de sécurité. 

Le dignitaire chiite de 89 ans a apporté ainsi pour la première fois clairement son soutien - nécessaire pour faire et défaire les Premiers ministres - aux manifestants. Les protestataires réclament depuis le 1er octobre "la chute du régime" et d'une classe politique qui, en 16 ans, a fait s'évaporer l'équivalent de deux fois le PIB d'un des pays les plus riches en pétrole du monde dans les fumées d'une corruption endémique. 

Jeudi, 46 manifestants ont été tués et un millier d'autres blessés. Cette répression a changé la (...)

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