Irak: cinq ans après la libération de Mossoul, les familles tentent de se réinstaller

AP - Samya Kullab

L'Irak célèbre ce dimanche 10 juillet les cinq ans de la libération de Mossoul. La deuxième ville du pays avait été occupée par le groupe État islamique de 2014 à 2017. Une bataille de neuf mois avait alors réduit ses quartiers en champs de ruines, en particulier le centre historique. 5 ans après, des familles commencent seulement à se réinstaller.

Avec notre correspondante en Irak, Lucile Wasserman

Les bras chargés d'appareils électroménagers, Nourredine, 59 ans, avance dans les allées étroites de la vieille ville de Mossoul, dont une partie a été récemment reconstruite. Après huit années d'absence, il se réinstalle enfin chez lui, avec sa famille. Nourredine Nadim Mahmood, habitant de la vieille ville de Mossoul : « Je n'ai pas les mots pour décrire mon bonheur aujourd'hui. C'est juste un sentiment incroyable d'être de retour chez soi, dans sa ville, dans sa maison. »

Son domicile avait été complètement détruit pendant la guerre. Il a été reconstruit récemment par l'UNESCO, qui s'est engagé à faire de même pour 124 maisons du centre-ville. Entouré de ses deux fils, Noureddine, dans la petite cour intérieure, a les yeux humides : « Vous savez, le gouvernement devait nous indemniser, mais la procédure n'a pas abouti et prend beaucoup de temps ! Donc sans l'aide de l'UNESCO, on serait encore dans des tentes de déplacés ! »

Mais toutes les familles de ce quartier ne sont pas aussi chanceuses. Dans une allée adjacente, deux Mossouliottes portent des sacs de sable. Eux disent avoir reçu un infime soutien d'ONG à la libération, mais depuis, plus rien : « Personne ne nous a vraiment aidés. Tout était détruit ici, absolument tout, on a dû tout reconstruire par nous-mêmes, avec notre argent. »

4 000 euros au total que cet Irakien a dû économiser ces dernières années. Cinq ans après la libération, ce sont surtout les habitants eux-mêmes qui reconstruisent la ville, dont le cœur historique reste encore majoritairement en ruines.

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