Irak : caleçons et nuisettes, les cadeaux désespérés de candidats aux législatives à leurs électeurs

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À l’approche des élections législatives irakiennes prévues le 10 octobre, certains partis ou candidats indépendants tentent par tous les moyens de se faire remarquer des électeurs : certains ont carrément distribué des tracts accompagnés de sous-vêtements, en cadeau d’engagement à voter pour eux. Une tendance symptomatique de l’indifférence que suscitent ces élections auprès des Irakiens.

Depuis le 18 septembre, ces tracts sont devenus la risée des Irakiens sur Twitter. Dans ce tweet, lundi 20 septembre, on voit une chemise de nuit rose, cadeau de la candidate Achwak al Ghariri de la coalition Azm, et une nuisette bordeaux, cadeau de Nada al Jabouri du parti Takadom.

“La concurrence entre la coalition d’Azm et le parti Takadom va jusqu’aux sous-vêtements !”, commente ce tweet du 18 septembre. “Nada al Jabouri, merci d’apporter le bonheur aux maris et femmes”, lit-on sur le tract à droite du visage de la candidate.

Certains paquets contiennent aussi des pyjamas ou des nuisettes, également critiqués pour leur manque de goût, comme le fait ce tweet qui suggère que le choix inapproprié des couleurs de la nuisette (bordeaux et jaune citron) présagerait des mauvais choix politiques à venir de ces candidats s’ils étaient élus.

Des hommes candidats ont eux offert des sous-vêtements masculins, typiquement des caleçons blancs. Là, on lit plus généralement des messages moins explicites, liant ce cadeau avec la notion de charité envers les plus démunis, comme dans les tracts de ces candidats du parti Takadom et du mouvement Huquq :

Des candidates sous haute tension

Selon la nouvelle loi électorale irakienne, un quota de 25 % de femmes a été instauré à l’Assemblée nationale – soit 83 sièges sur un total de 329 –, ce qui accentue la concurrence entre les 900 candidates qui se présentent en Irak. Un chiffre bien plus bas qu’aux dernières législatives de 2018, auxquelles s’étaient présentées 2014 candidates, selon la commission électorale. Cette baisse du nombre de candidates est majoritairement dû à des “pressions” de milices locales ou au manque de soutien financier dont elles bénéficient en comparaison aux candidats hommes.

Plusieurs partis et personnalités politiques boycottent le scrutin, invoquant une fraude électorale prévisible et une corruption parmi les candidats.

Le leader chiite conservateur Moqtada Sadr avait d’abord annoncé participer au boycott avant de revenir sur sa décision plus tard.

Près de 25 millions d'Irakiens sont censés voter le 10 octobre pour élire 329 membres du parlement. Plus de 3 200 candidats se présentent, entre affiliés à des partis et indépendants, dans les 83 circonscriptions du pays.

D’abord prévues pour 2022, ces élections législatives avaient été avancées une première fois au mois de juin 2021 puis finalement en octobre, pour désamorcer le mouvement de contestation populaire qui s’est levé en octobre 2019 contre la corruption et le chômage rampant.

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