Irak: un Britannique devant la justice pour avoir ramassé de petits vestiges archéologiques

En Irak, un ressortissant britannique doit être jugé, ce dimanche 15 mai 2022, pour avoir collecté des fragments archéologiques sur le territoire. Des faits passibles de la peine de mort.

Avec notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann

Il s'agit d'un géologue britannique à la retraite de 66 ans. Il faisait un voyage touristique en Irak et il s'est rendu à Eridu, une ville antique dans le sud du pays. C'est là qu'il aurait ramassé des morceaux de poterie antiques, que les agents des douanes ont donc repérées à l'aéroport de Bagdad, lorsque ce Britannique a voulu quitter le pays.

Les charges retenues contre lui sont effectivement passibles de la peine de mort, mais cette sentence s'applique lorsque cela concerne des trafiquants. Ce que l'équipe d'avocats de ce Britannique va tenter d'appuyer ce dimanche, c'est qu'il ne s'agissait pas là d'un acte criminel, mais d'une faute personnelle, qui n'était ni préparée ni réfléchie.

Pillages faciles

Ce genre de pillages se déroule très régulièrement en Irak parce que le pays regorge littéralement de ces objets archéologiques, très accessibles. Dans les zones quasi désertiques, notamment dans le sud du pays, il suffit de s'éloigner un peu des sites pour tomber sur ces petits objets, ces fragments, à même le sol. Cela rend les pillages extrêmement faciles.

Certains Irakiens se livrent à cette activité pour des raisons économiques : ils vont vendre quelques unes de ces pièces pour se faire un peu d'argent. D'autres, en revanche, nourrissent des réseaux internationaux, et sont, eux, à la recherche de pièces beaucoup plus rares.

Des pièces qui sont alors difficilement traçables et rarement restituées aux autorités. Surtout parce que ce sont des excavations clandestines : des pièces qui n'ont jamais été découvertes, et qui sont donc inconnues. Des instances, comme Interpol, peuvent tout de même enquêter sur ces objets dès lors qu'elles jugent la provenance douteuse.

Perte d'une partie de son histoire

Pour cela, ces policiers déterminent l'époque de l'objet pour savoir où il a pu être découvert, puis ils enquêtent sur la façon dont il s’est retrouvé chez tel antiquaire ou collectionneur. Mais ce sont des investigations difficiles et longues à mener, donc cela ne concerne que des pièces de collection.

Autre problématique, celle des objets volés, qui ont été listés en Irak, que l'on connaît, mais qui ont disparu pendant les périodes de guerre. Ces objets là sont plus facilement traçables, puisqu'on sait ce que l'on recherche, et certains sont régulièrement restitués, mais des milliers seraient encore en dehors du pays. Et il faut comprendre que l'Irak perd toute une partie de son histoire à travers ces vols et ces pillages, même lorsqu'il s'agit de petits fragments de poterie.

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