Irak: attentats en série, appel à la démission du Premier ministre

Cinq attentats antichiites ont fait 18 morts lundi en Irak, où le chef du Parlement a appelé à la démission du gouvernement et à des élections anticipées pour éviter au pays de basculer dans un nouveau conflit confessionnel.

Le pays est secoué par des violences entre sunnites et chiites qui ont fait plus de 240 morts en une semaine.

A quelques heures d'intervalle, cinq voitures piégées ont explosé dans quatre villes en majorité chiites au sud de Bagdad, faisant 18 morts et une centaine de blessés selon des sources médicales et de sécurité.

Deux des voitures ont explosé près d'un marché de la ville d'Al-Amara, faisant sept morts et 51 blessés, dont des femmes et des enfants, selon un officier supérieur de la police.

Les autres voitures ont explosé dans la ville sainte chiite de Kerbala et dans les localités de Diwaniya et Mahmoudiya. Les attentats n'ont pas été revendiqués.

Le ministère de l'Intérieur a par ailleurs indiqué dans un communiqué que sa frontière commune avec la Jordanie, au niveau de la province d'Anbar, serait fermée mardi en raison d'"un problème interne irakien", sans plus de précision. Plus de 20 membres des forces de sécurité ont été tués à Anbar en une semaine.

Alors que le pays s'enfonce dans la violence, le chef du Parlement, Oussama al-Noujaïfi, a appelé à la démission du gouvernement du chiite Nouri al-Maliki et à la tenue d'élections anticipées.

"Réconciliation nationale"

Cette initiative doit permettre "de parvenir à une réconciliation nationale et de préserver les acquis de la démocratie" et aussi de "sortir le pays du spectre de la guerre civile et des violences confessionnelles", selon un communiqué de son bureau.

Les violences ont été déclenchées mardi par un assaut des forces de sécurité sur des manifestants sunnites dans le nord du pays hostiles au Premier ministre, suivi par plusieurs attaques de représailles contre les forces irakiennes.

M. Noujaïfi, un sunnite et haut responsable du bloc Iraqiya, coalition soutenue par les sunnites et pendant longtemps en profond désaccord avec M. Maliki, a adressé sa proposition aux chefs des partis politiques représentés au Parlement.

Il a appelé le gouvernement à démissionner pour être remplacé par un cabinet plus restreint composé d'indépendants qui ne pourraient pas participer aux prochaines élections. Il a aussi demandé à ce qu'une commission électorale prépare des élections anticipées avant la dissolution du Parlement.

Ali al-Moussaoui, un conseiller du Premier ministre, a déclaré à l'AFP que M. Maliki était "pour une dissolution du Parlement" mais que le gouvernement devrait "continuer d'expédier les affaires courantes".

Les prochaines législatives sont prévues en 2014 en Irak.

L'intensification de la violence fait craindre un retour à un conflit confessionnel ouvert, à l'instar des sanglants affrontements qui avaient suivi l'invasion américaine en 2003. Les violences inter-communautaires avaient fait plusieurs dizaines de milliers de morts, notamment en 2006-2007.

Depuis décembre 2012, des milliers d'Irakiens manifestent dans les régions à majorité sunnite pour réclamer le départ de M. Maliki, accusé de marginaliser leur communauté. Ce dernier est aussi accusé par des membres de sa coalition gouvernementale et ses détracteurs d'accaparer le pouvoir.

Compliquant encore la situation, des forces de sécurité kurdes se sont déployées samedi près de la ville disputée de Kirkouk, que les Kurdes veulent inclure dans la région autonome du Kurdistan, au grand dam du gouvernement fédéral à Bagdad et des Arabes de la province.

"Kirkouk est de nouveau occupé par les peshmergas (les forces kurdes)", a déploré dimanche le chef des autorités locales arabes de la ville, Mohammed Munshed al-Asi.

Le Premier ministre a rencontré lundi à Bagdad le chef du gouvernement autonome du Kurdistan, Nechirvan Barzani, pour évoquer les différends entre les deux parties.

Les deux hommes sont tombés d'accord pour renforcer leurs coopération en matière de sécurité, et s'efforcer de voter des lois essentielles notamment concernant le secteur des hydrocarbures, qui sont en souffrance au Parlement depuis des années, a indiqué le bureau du Premier ministre irakien dans un communiqué.

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