Irak: des élections législatives sous haute sécurité

·3 min de lecture

Les élections législatives anticipées ont lieu ce dimanche en Irak, deux ans après les protestations massives de jeunes dans les rues qui réclamaient du changement, la fin de la corruption, des emplois, des services publics décents. Mouvement largement réprimé. Ce 10 octobre, 25 millions d’Irakiens sont appelés aux urnes pour renouveler leurs 329 députés. Un scrutin qui se déroule sous haute sécurité.

Des avions de chasse dans ciel, des forces spéciales déployées le long du Tigre, la sécurité est maximale à Bagdad, particulièrement autour des écoles qui servent de bureaux de vote, rapportent nos envoyés spéciaux à Bagdad, Murielle Paradon et Boris Vichith. À celle d’Al Sharkiya, des dizaines de policiers contrôlent les entrées, certains sont même postés sur le toit. Mais cela n’étonne pas ce jeune votant : « Ce sont les procédures pour assurer la sécurité des citoyens, pour qu’ils puissent retourner en sécurité chez eux. Il y a des craintes de violences, d’où ce déploiement de forces. »

Dans le quartier d’Al Sadoun, au centre de Bagdad, pour accéder à l'école il a fallu passer des cordons de sécurité, être fouillés. Des dizaines de policiers fédéraux lourdement armés gardent les entrées des bureaux. La sécurité est maximale car on craint des attentats dans ce pays très instable, en proie aux attaques de l’organisation État islamique et aux violences des milices armées.

À lire aussi : Législatives en Irak: quand d’ex-protestataires deviennent candidats

Un scrutin sans fraudes ?

La sécurité c’est aussi celle des opérations de vote dans un pays où les fraudes sont monnaie courante. Des machines valident les bulletins et contrôlent électroniquement l’identité des votants, comme Ahmed : « C’est nouveau cette machine où votre photo et vos empreintes apparaissent. Espérons que cela améliore les choses ! » « Vous pensez qu’il n’y aura pas de fraude cette fois ? » « Franchement on ne fait confiance à personne ! »

Concrètement dans le bureau de vote, vous tamponnez le nom d’un candidat, au lieu de choisir une liste affiliée à un parti. Ensuite vous glissez votre bulletin dans une urne électronique, censée être bien scellée. Beaucoup craignent des fraudes comme ça a été le cas par le passé.

La défiance envers le système est toujours là, même si Des observateurs internationaux ont été déployés. Dans ce bureau de vote, deux émissaires de l’Union européenne, gilet pare-balle sur le dos, viennent poser quelques questions, remplissent leur questionnaire, et repartent au bout de quelques minutes.

L’enjeu de la participation

L’ouverture du scrutin s'est faite à 7h (6h TU). La participation est faible pour le moment. Il est encore un peu tôt mais il faut dire que de nombreux jeunes qui avaient participé aux mouvements de contestation, il y a deux ans, ont dit clairement qu’ils boycotteraient le scrutin car ils n’attendent aucun changement. Et les jeunes constituent 60% de la population en Irak. Nous avons tout de même rencontré ces derniers jours dans les rues de Bagdad des Irakiens qui souhaitaient voter, mais pour des candidats indépendants, la nouvelle loi électorale le permet théoriquement.

À lire aussi : Élections législatives anticipées en Irak: à Bagdad, la jeunesse n'attend rien du scrutin

Les Irakiens, excédés par les problèmes de sécurité, les problèmes économiques, l’absence de services publics, iront-ils voter en espérant un changement ? On devrait avoir des premières estimations ce dimanche soir ou demain.

À lire aussi : Élections législatives en Irak: paroles d'électeurs à l'heure du vote

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles