Invasion du Congrès américain: le monde des affaires s’inquiète

·2 min de lecture

Alors que la victoire de Joe Biden à la présidentielle a été validée par le Congrès, les grands noms des affaires aux Etats-Unis appellent Donald Trump à mettre fin au chaos. Dans un communiqué aux médias, le président sortant a assuré qu'il y aurait bien « une transition ordonnée du pouvoir », mais les patrons des grandes banques, notamment, restent inquiets.

« Nous valons mieux que ça », affirme Jamie Dimon, le PDG de la banque JPMorgan, qui condamne l'invasion du Capitole par les partisans de Donald Trump. Sans nommer directement le milliardaire républicain, le patron de la plus grande banque des États-Unis appelle les responsables politiques à faire cesser les violences, à accepter les résultats et, « comme notre démocratie le fait depuis des centaines d'années », à soutenir une transition pacifique du pouvoir.

Les banquiers et les PDG indignés

A la tête de la banque Citigroup, Michael Corbat, se dit, lui, dégoûté par les événements et espère que la situation puisse se résoudre sans effusion de sang supplémentaire. « Même si certaines scènes sont dures à regarder, j'ai confiance en notre processus démocratique », assure-t-il.

Confiance partagée par le patron d'Apple, Tim Cook, qui déplore un chapitre triste et honteux de l'histoire des Etats-Unis. « Les responsables de cette insurrection devront répondre de leurs actes », rappelle-t-il.

Ces banquiers et hommes d’affaires rejoignent ainsi 170 patrons des plus grandes entreprises américaines qui ont plaidé cette semaine dans une lettre adressée aux élus du Congrès pour un transfert du pouvoir en bonne et due forme. Donald Trump s'était longtemps vanté de ses amitiés avec les grands patrons. Mais ils commencent à s’impatienter.

Le monde syndical, les lobbyistes et le ministre prônent le processus démocratique

C’est aussi le cas du puissant syndicat AFL-CIO. Pour son président, Richard Trumka, les violences au Capitole sont « un coup d’Etat et un assaut impensable contre la démocratie ». Des appels à mettre fin au chaos viennent aussi de la part de la Chambre américaine du Commerce, ainsi que du lobby conservateur Business Roundtable, qui représente les plus grandes entreprises américaines d'Apple à Boeing en passant par American Express ou Best Buy. L’organisation fustige « les efforts illégaux pour changer les résultats légitimes d'une élection démocratique ». Même le ministre de l'Economie, Steven Mnuchin, lâche son président en appelant son camp à respecter la Constitution.

Enfin, selon l'Association des fabricants le président sortant a incité à la violence dans une tentative de garder le pouvoir. Elle ajoute dans un communiqué que « tout élu qui le défend rejette la démocratie au profit de l'anarchie ».

États-Unis: du chaos au Congrès jusqu'à la victoire certifiée de Biden, revivez les événements