Les intoxications au protoxyde d'azote progressent chez les mineurs

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Ils représentent 20% des cas rapportés aux centres antipoison contre 13,9% en 2020 et 13,4% des cas notifiés aux centres d’Addictovigilance contre 8,5% en 2020.  (Photo: Shelly Still via Getty Images)
Ils représentent 20% des cas rapportés aux centres antipoison contre 13,9% en 2020 et 13,4% des cas notifiés aux centres d’Addictovigilance contre 8,5% en 2020. (Photo: Shelly Still via Getty Images)

SANTÉ - Une alerte de plus sur le protoxyde d’azote. Utilisé dans le cadre de l’antalgie et de l’anesthésie, ce gaz est soumis à la réglementation du médicament. Pourtant, il se retrouve aussi dans des produits de consommation comme les siphons à chantilly, en tant que gaz de compression.

Dans un rapport rendu ce mardi 16 novembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) mettent en évidence l’augmentation des cas d’intoxication chez les jeunes. Dans les centres antipoison, 134 cas ont été rapportés en 2020 contre 46 en 2019. Dans les centres d’Addictovigilance, les signalements sont passés de 47 en 2019 à 254 en 2020. Et ces intoxications concernent en majorité les jeunes.

En 2019, le Sénat adoptait une proposition de loi visant à interdire la vente de ce “gaz hilarant” aux mineurs. Mais Cécilia Solal, toxicologue à l’Anses et coordinatrice du rapport, rappelait au HuffPost, en 2020, que “ce sont majoritairement des hommes entre 20 et 25 ans, avec une utilisation dans un cadre festif”.

Des jeunes... de plus en plus jeunes

Mais, cette année, les deux agences constatent une hausse de la proportion des mineurs intoxiqués. Ils représentent 20% des cas rapportés aux centres antipoison contre 13,9% en 2020 et 13,4% des cas notifiés aux centres d’Addictovigilance contre 8,5% en 2020.

Après une inhalation de protoxyde d’azote, plusieurs effets secondaires peuvent surgir. Asphyxie, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz ou encore vertiges et risque de chute. Dans certains cas, notamment en cas de consommation régulière et à forte dose, les effets secondaires persistent et peuvent en entraîner d’autres, plus graves, comme des troubles du rythme cardiaque, des troubles psychiques et des atteintes au système nerveux.

“20 cartouches par jour”

Autre danger: l’addiction. Selon le rapport de l’Anses et de l’ANSM, 72,3% des cas notifiés aux centres d’Addictovigilance sont en lien avec un usage quotidien et une consommation élevée, environ 20 cartouches par occasion ou par jour.

Le rapport note également une augmentation des cas d’atteinte neurologiques et neuromusculaires. Toujours pour Le HuffPost,Cécilia Solal expliquait que ces symptômes sont dus à un effet bien spécifique du protoxyde d’azote: “c’est un gaz qui va diminuer voire supprimer le stock de vitamine B12 dans le corps, c’est cette absence qui est à l’origine des effets neurologiques”.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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