Intoxications au monoxyde de carbone : «On ne sent rien»

Propos recueillis par Nathalie Revenu

Jérôme Langrand, chef de service au centre antipoison de l’hôpital Lariboisière, à Paris (Xe) constate que les cas d’intoxication au CO sont mal identifiés.


Le docteur Jérôme Langrand, chef de service au centre antipoison de l’hôpital Lariboisière-Fernand Widal (APHP) à Paris (Xe), constate que les intoxications au monoxyde de carbone sont mal identifiées.

Quel est le rôle du centre antipoison ?

Nous recevons 50 000 appels par an. L’immense majorité concerne des intoxications domestiques. Nous avons un rôle de télé expertise. Les médecins ne savent pas toujours gérer ces situations.

C’est le cas pour les intoxications au monoxyde de carbone (CO). Les patients se présentent avec des maux de tête et sont renvoyés chez eux. Il y a clairement des sous-diagnostics. Nous sommes là pour aider à améliorer la prise en charge.

Nous avons aussi une mission de veille en toxicologie. Nous menons des investigations médicales. En parallèle, le laboratoire central de la préfecture de police de Paris enquête à la source, chez les gens après chaque épisode d’intoxication. Ces deux enquêtes serviront à éviter la survenue de nouveaux cas.

Les dangers du monoxyde de carbone sont donc méconnus ?

Oui, l’intoxication au CO est silencieuse. On ne sent rien, ça ne pique pas et les signes évocateurs ne sont pas spécifiques au CO. On a des maux de tête, des vomissements. Il faut prendre en compte tous ces symptômes réunis pour établir un bon diagnostic. Par exemple, peu savent que la chicha produit du CO. Y compris les médecins.



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Paris (Xe), hôpital Lariboisière-Fernand-Widal, vendredi 8 mars. Le centre antipoison reçoit 50 000 appels par an. LP/N.R.

Comment ça ?

La chicha est un mini-brasero. Comme le brasero, c’est un charbon qui brûle et produit une combustion incomplète. Les taux dans le sang sont de 20 à 30 % alors que chez un fumeur de cigarette, ils sont de 6 à 10 %. La tête qui tourne, ce n’est pas autre chose. Nous avons même vu des intoxications en extérieur. Des adolescents dans un parc (...)

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