INTERVIEW. "Rien n’est fait pour éviter l’appauvrissement des terres"

PHILIPPE ROY / Aurimages via AFP

Dans son deuxième rapport sur l’état de santé des sols dans le monde, le programme des Nations unies pour l’environnement alerte sur la dégradation des terres qui s’étend désormais à une surface équivalente à l’Afrique.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°904, daté juin 2022.

Le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a publié son . L’équivalent de la surface de l’Afrique est dégradé affirme l’organisme qui appelle à une action rapide et efficace. Sciences et Avenir a interrogé Dominique Masse, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) en poste à l’Université Nangui-Abrogoua, à Abidjan (Côte d’Ivoire).

Sciences et Avenir : Quel est l’état actuel des sols dans le monde ?

Dominique Masse : 40 % des terres sont dégradées selon la convention de l’ONU de lutte contre la désertification qui s’est réunie à Abidjan en mai. Les pertes en production alimentaire affectent ainsi 40 % de la population mondiale. En cause, le changement d’usage des sols : on déforeste pour cultiver, mais rien n’est fait pour éviter l’appauvrissement de terres surexploitées. 8 % seulement de la surface de la Côte d’Ivoire est aujourd’hui forestière, contre 50 à 60 % dans les années 1960.

Pourquoi cette dégradation se poursuit malgré tout ?

La principale cause, c’est la démographie : il y a de plus en plus de bouches à nourrir. Donc on exploite plus d’espaces, sans forcément produire plus sur les espaces déjà cultivés. La production ne peut plus augmenter si les pratiques ne permettent pas de préserver la fertilité des sols.

Que peut apporter la science ?

D’abord, mesurer et évaluer l’état des sols pour démontrer les impacts des pratiques agricoles et de l’activité humaine. Elle peut ensuite promouvoir des innovations : nous travaillons à Abidjan sur l’agriculture urbaine et le recyclage de la matière organique produite par les habitants pour fertiliser les sols cultivés en maraîchage. L’agroforesterie, la polyculture et le poly-élevage sont aujourd’hui considérés comme la voie à suivre.

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