INTERVIEW. Quand l'atmosphère de Jupiter est vue en 3D

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Quatre études exploitant les mesures prises par la sonde Juno révèlent la structure interne de la Grande Tache rouge, et celle d'autres formations cycloniques.

Cet article est extrait de Sciences et Avenir - La Recherche n°898, daté décembre 2021.

Tristan Guillot est astrophysicien à l'observatoire de Nice-Côte d'Azur.

Sciences et Avenir : Qu'est-ce que Juno nous apprend sur la Grande Tache rouge ?

Tristan Guillot : Nous savons désormais que cet anticyclone de 16.000 km de large s'étend sur environ 300 km de profondeur. C'est bien au-delà des 50 km estimés jusqu'ici ! La sonde a aussi scruté un cyclone et un anticyclone de l'hémisphère Nord. Ces tourbillons ne font qu'entre 100 et 200 km de profondeur, mais là encore c'est plus que prévu, et on peut mesurer pour la première fois leur structure verticale.

Comment Juno a-t-elle pu sonder ainsi l'atmosphère de Jupiter ?

La mesure du champ gravitationnel au-dessus de la Grande Tache rouge a révélé la concentration de matière à cet endroit, et donc le volume de la tache. Et le radiomètre à micro-ondes a mesuré sa température en profondeur et sa composition en ammoniac. En comparant ces conditions avec celles régnant autour, nous avons pu circonscrire la tache en profondeur. Nous avons aussi pu sonder avec cette technique les bandes nuageuses de Jupiter.

À quoi vont servir ces résultats ?

Ils vont nourrir nos modèles numériques, pour comprendre la dynamique de l'atmosphère de Jupiter, Saturne, Neptune ou Uranus, mais aussi des exoplanètes dont beaucoup sont des géantes gazeuses…

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