INTERVIEW. "La fécondation n'a sans doute été 'inventée' qu'une fois"

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Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum national d'histoire naturelle à Paris, évoque pour Sciences et Avenir les différents types de reproduction.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°208 daté janvier/ mars 2022.

Pierre-Henri Gouyon est professeur au Muséum national d'histoire naturelle à Paris et chercheur à l'Institut de systématique, évolution et biodiversité.

Sciences et Avenir : L'irruption de la reproduction sexuée a provoqué une intensification du brassage génétique. Qu'en était-il avant ?

Pierre-Henri Gouyon : Les organismes n'ont pas attendu "l'invention" des gamètes et de la fécondation pour s'échanger des gènes. Bien avant l'apparition des eucaryotes (les cellules dotées d'un noyau, ndlr), ils devaient déjà pratiquer le brassage génétique. Celui-ci est monnaie courante chez des organismes unicellulaires comme les bactéries, les paramécies et bien d'autres, et il n'a d'ailleurs pas lieu au moment de la reproduction (qui résulte d'une simple division cellulaire ou mitose, ndlr).

Qu'est-ce qui change, chez les eucaryotes ?

Chez eux, échanges de gènes et reproduction sont liés, d'une manière déterminée par l'apparition de la méiose (double division cellulaire permettant la formation des gamètes, ndlr) et de la fécondation. Ce mécanisme, qui n'a sans doute été "inventé" qu'une seule fois dans l'histoire du vivant, introduit un cycle : des organismes diploïdes - dotés d'un double jeu de chromosomes - fabriquent par méiose des organismes haploïdes - dotés d'un seul jeu -, lesquels se rencontrent au cours de la fécondation pour former des organismes diploïdes. Chez certaines algues, les deux stades, diploïde et haploïde, sont indiscernables, les individus diploïdes et haploïdes ont la même apparence. Mais le plus souvent, la phase diploïde est dominante et la phase haploïde éphémère, comme c'est le cas dans le règne animal. C'est le contraire chez les champignons, des mousses, des fougères, des algues…

Il y a toujours eu des ovules et des spermatozoïdes ?

Les gamètes des deux types ont peut-être d'abord été semblables : c'est ce que l'on appelle l'isogamie, qui est rar[...]

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