Interview. Avec les drones et algorithmes, l’Europe construit un mur virtuel contre les migrants

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Loin d’être plus objectifs que les gardes-frontières humains, les robots et algorithmes de plus en plus souvent utilisés dans la surveillance des frontières de l’UE reproduiraient les biais de leurs créateurs et déshumaniseraient les migrants, fustige la juriste Petra Molnar dans les pages du quotidien polonais Gazeta Wyborcza.

GAZETA WYBORCZA. – Unique agence de l’UE à avoir son siège à Varsovie, l’agence Frontex de garde-frontières et de gardes-côtes est devenue ces dernières années le premier corps européen en uniforme, avec un budget et un accès aux technologies de plus en plus importants. Que fait-elle de ces moyens ?

PETRA MOLNAR. – Elle recourt à de très nombreuses solutions : des robots avancés à l’automatisation de contrôles aux frontières en passant par des drones et des expérimentations fondées sur l’intelligence artificielle. Ainsi, depuis plusieurs années, elle teste des drones et des zeppelins autonomes pour surveiller la mer Égée et détecter les embarcations de migrants. Frontex a également commandé au think tank américain RAND Corporation un rapport qui explique comment, sur la base de données spatiales, l’intelligence artificielle et les algorithmes peuvent par exemple produire des analyses prédictives avancées qui montrent par où des gens peuvent tenter de traverser les frontières.

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Toutefois, l’aspect le plus inquiétant du fonctionnement de Frontex est que, selon des témoignages très fiables, ses agents sont engagés dans le refoulement de réfugiés, notamment vers la Turquie et la Libye, alors que cela est contraire au droit international. Les technologies de surveillance que l’Europe déploie massivement à ses frontières facilitent de telles actions.

Il y a également le projet européen Roborder, dont le but est de créer “un système pleinement autonome de surveillance des frontières” avec des robots terrestres, aériens et marins.

Il aura pour conséquence une augmentation du nombre de morts aux frontières. L’UE n’est

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