Avec son interview à Challenges, Philippe agace la macronie

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Avec son interview à Challenges, Philippe (ici le 29 juin 2020) agace la Macronie. (Photo: Christian Hartmann via Reuters)
Avec son interview à Challenges, Philippe (ici le 29 juin 2020) agace la Macronie. (Photo: Christian Hartmann via Reuters)

POLITIQUE - Le poil à gratter de la majorité? Édouard Philippe fait entendre sa propre petite musique dans une interview à Challenges, ce jeudi 30 septembre, trois jours avant la rentrée politique de La République en marche, ce week-end, à Avignon.

Dans cet entretien publié sur le site du magazine, l’ancien Premier ministre enchaîne les avertissements, conseils et autres propositions, sans un mot sur son soutien au chef de l’État pour la prochaine élection présidentielle. Son cheval de bataille? Le poids de la dette publique, “une question fondamentale de souveraineté nationale” à ses yeux.

Alors pour la réduire, Édouard Philippe, qui lancera son propre parti politique le 9 octobre prochain au Havre, promeut un remède choc fait de retraite ”à 65, 66 ou 67 ans”, et de réduction du nombre de fonctionnaires. Autant de propositions qui mettent la gauche vent debout, des communistes aux socialistes... et qui suscitent un début d’agacement chez les marcheurs. Sur la forme, comme sur le fond.

“Ça me terrifie et ça m’attriste”

Force est de constater que les ténors de la majorité ne sont pas nombreux à se presser pour applaudir cette sortie, qui tranche avec le “quoi qu’il en coûte” de la crise sanitaire du Covid et les récents investissements annoncés par le président de la République.

Interrogé dans la matinale de France Inter, Christophe Castaner, le patron des députés LREM, n’a pas hésité à retoquer la proposition de la retraite à 67 ans: “Pour être très clair, ce n’est pas mon objectif”, a-t-il lancé. Pour ce fidèle de l’ancien Premier ministre, qui cultivait sa proximité avec le locataire d’alors Matignon, “la campagne présidentielle va permettre d’aborder” ces questions. D’autant qu’un tel report “n’est pas nécessaire au moment où on se parle, et avec les informations que nous avons.”

Plus ironique, Jean Castex, en déplacement à Montpellier, a de son côté pris soin de rappeler qu’Édouard Philippe ne s’était pas risqué à proposer une telle mesure quand il était à Matignon. “Je n’ai pas souvenir que, dans le projet de loi qu’il avait lancé, il y avait écrit cet âge de 67 ans...”, a sobrement répondu le chef du gouvernement à La Dépêche du Midi et Midi Libre, dans une petite pique assez inhabituelle pour lui, refusant ensuite de s’engager sur le calendrier d’une future réforme.

D’autres, à visage couvert, sont bien plus offensifs contre Édouard Philippe, à l’heure ou celui-ci affiche plus clairement ses doutes sur la politique conduite par le chef de l’État, sur le fameux revenu d’engagement entre autres. “Quand je vois cette interview, ça me terrifie et ça m’attriste”, glisse au HuffPost un député LREM de premier plan, ajoutant: “C’est un jeu dangereux, car on a quand même une présidentielle à gagner avant de penser à 2027.”

De premières critiques qui donnent raison au maire du Havre sur un point: “Ce n’est pas une mesure facile à porter.” Mais malgré cela, et les premières crispations dans la macronie, les remous n’atteignent pas l’Élysée. Selon nos informations, Emmanuel Macron ne fait que peu de cas de la sortie de son ancien Premier ministre. “Ils dînaient ensemble hier soir”, souligne un proche du chef de l’État.

Pas de quoi rassurer, pour autant, tout le monde chez les marcheurs. “C’est une alerte”, s’agace encore notre source à La République en marche, pour qui “une ligne rouge a été largement franchie” avec cet entretien.

A voir également sur Le HuffPost: Quand Philippe raconte comment il apprend la démission de Hulot

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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