Internet : des hackers revendent nos données médicales

Près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Charles Blanc-Rolin gère la sécurité informatique de six hôpitaux. Selon lui, notre santé et nos données médicales sont menacées. Alors, chez lui, il teste la vulnérabilité des hôpitaux. Quelques minutes suffisent pour entrer en toute discrétion dans un établissement, et voir sans être vu. Les cinq machines qu'il a ainsi détectées contiennent une mine d'informations confidentielles sur des patients, en libre accès. "Ces serveurs devraient être accessibles uniquement sur des réseaux privés et pas être disponibles directement depuis Internet", affirme Charles Blanc-Rolin. Pirater du matériel médical Pour un pirate, les hôpitaux et les cliniques sont des jackpots en puissance. Sur le darknet, un seul dossier médical se revend entre 50 et 250 euros. À l'échelle de la France, la valeur du butin est estimée à six milliards d'euros. "En France, ça ne se voit pas trop, mais dans d'autres pays, notamment aux États-Unis, ces données sont commercialisées. J'imagine qu'un banquier ou un assureur peut être intéressé par ce type de données", explique Charles Blanc-Rolin. Les cybercriminels peuvent même désormais pirater du matériel médical ; de l'imagerie médicale au bloc opératoire, dans tous les services, le high-tech se propage, signe que la médecine se modernise. En moyenne, il y aurait six objets connectés dans la chambre d'un patient. Mais ces objets connectés seraient donc cybervulnérables, à cause, par exemple, de la technologie sans fil.